Pov de Tom.
Hier, c'était il y a longtemps. Vingt-quatre heures c'est long. Très long.
Vingt-quatre heures, c'est la durée de vie d'un papillon.
C'est aussi le temps qu'il me reste à vivre.
Le temps, ça passe jamais comme on le voudrait. Quand on a besoin de temps, on en a jamais assez et quand on est pressé, il traîne en longueur. Durant toute ma vie, je n'ai jamais eu assez de temps et maintenant que je veux en finir, je compte les secondes en même temps que les gouttes qui circulent dans ma perfusion.
Je regarde autour de moi. Il n'y a rien qui puisse me distraire. Les murs verts sont nus. Ca fait pourtant quatre mois que j'occupe cette chambre. Ca fait maintenant deux mois que j'entends les infirmières chuchoter entre elles que je suis en phase terminale. Comme si je ne les entendais pas. Comme si je n'existais déjà plus.
Relax, mesdames ! Dans quelques heures, vous serez débarrassées de moi. Ca libérera un lit.
On m'a demandé si je voulais quelque chose. Oui, il y a bien quelque chose que je veux. Une clope. C'est bête, on n'a pas le droit de fumer dans les hostos. Pourtant, dans mon état, ça n'aurait pas fait grand chose de plus. Mais non, c'était non. Alors j'ai téléphoné. Trois sonneries, une phrase.
« Je vais bientôt crever alors si tu as quelque chose à me dire, tardes pas trop. »
Et j'ai raccroché. Au bout de la ligne, quelqu'un a compris ce que je voulais dire. Le tout est de savoir si cette personne viendra. La source de mon plus grand bonheur et la cause de mon malheur.
On s'est rencontrés il y a sept ans, d'une façon un peu inhabituelle : dans les toilettes. Lors d'une fête. Moi qui ne bois pas d'alcool, j'ai cru voir entrer un ange ayant perdu ses ailes qui confondait sa jambe droite avec la gauche. Un coup de foudre, une nuit ensemble. Et là ça a été le drame : il m'a dit qu'il ne s'engageait jamais et il est parti.
On s'est pourtant revu une dizaine de fois. Jusqu'à ce que le malheur frappe à ma porte en empruntant son visage. Quatre mots. Un sujet, un verbe et une apocalypse.
« J'ai le sida. »
Ironie de l'histoire, il n'était et n'est toujours que séropositif. C'est moi qui ai développé la saloperie. Allers-retours chez le médecin jusqu'à l'hiver :
« Vous avez attrapé la grippe. »
Autant de façons de me dire que j'étais foutu. La grippe. Une maladie que j'ai eu je ne sais combien de fois mais qui me coûtait la vie aujourd'hui. La vie est d'une ironie remarquable.
Une infirmière entre, vérifie la perfusion et s'apprête à repartir sans un mot. Au moment où elle va passer la porte, les mots sortent tous seuls. Acides et amers à la fois.
« A quoi ça sert de continuer à me barder de toute cette tuyauterie alors que je vais crever avant demain ? »
Elle s'est figée. Peut-être que je l'ai choquée. C'est pas grave. Ca fait deux jours que la remarque me démangeait. De toute façon, si ça ne sort pas maintenant, ça ne sortira plus jamais.
J'ai mal, j'ai du mal à respirer. Et je tousse comme si j'allais cracher mes poumons. A croire que j'ai un cancer à force d'avoir trop fumé. Quand j'y pense, ç'aurait pu être ça. En contractant le sida, on peut mourir de n'importe quoi.
Je regarde l'heure sur le magnéto de la télé. Encore vingt heures.
Ironie du sort, encore une fois. Quand je cherche à faire quelque chose pour passer le temps, j'ai l'impression que chaque minute est interminable alors que le simple fait de ressasser le passé fait défiler les heures sans que je ne m'en rende compte. Dans ce cas, continuons de délirer.
Une autre infirmière entre. Cette fois-ci, c'est pour régler le débit de l'intraveineuse. Je l'aime bien celle-là, elle me sourit tout le temps et elle me parle. De tout, de rien. Juste histoire de combler le silence.
« Alors, comment va-t-on aujourd'hui ? Il fait beau dehors. Un soleil magnifique ! ... »
Et elle continue, même dans le couloir. Quand sa voix s'évanouit, il ne me reste que le bip strident des machines disposées de part et d'autre de mon lit. Je demanderai à la prochaine de m'allumer la télé. Moi, à chaque fois que je bouge, le cathéter se déloge de ma veine et la machine se met à sonner furieusement.
Je suis fatigué. Très fatigué. Maintenant que j'y pense, le docteur m'a peut-être menti. Il me restait sûrement moins de vingt-quatre heures à vivre. Et si c'était pour maintenant ?
Ca ne me gêne pas. On verra bien si je me réveille ou pas.
Si seulement elle pouvait venir avant la fin.
Un bruit de pas résonne dans le couloir. Le claquement régulier de talons sur le carrelage. Suivi par le bruit plus familier que font les souliers des infirmières. La porte de la chambre s'ouvre. Un jeune homme aux allures féminines se tient dans l'encadrement. Echevelé mais élégant.
C'est lui. Il me sourit de toutes ses dents, même si dans son regard on peut y lire de la tristesse. Il s'approche doucement, ses cheveux bruns qui sont éparpillés sur ses épaules frêles. Son visage fin, sa bouche pulpeuse légèrement rougie par le froid et entre-ouverte.
Ses yeux marrons foncés me détaillent, de l'inquiétude et de la peur se fait voir sur son doux visage. Il s'assoit sur le lit, me caresse la joue, une larme qu'il ne peut retenir coule le long de sa joue, faisant couler sont maquillage noir. De mon pouce, j'enlève toute marque de noir et de larme. Je lui susurre au creux de son oreille.
« T'inquiète pas bébé.
Comment veux-tu que je ne m'inquiète pas en sachant que mon amour est à deux doigts de me laisser seul dans ce monde.
Tu t'y feras. Penses-y pas d'accord. »
Il se desserre de notre étreinte, du bout de ses doigts, il refait les contours de mon visage, puis finit par mon piercing qu'il fait légèrement bouger. Du bout de ma langue, je caresse ses doigts fins et manucurés de vernis à ongle bleu. Il me regarde droit dans les yeux. De ma main gauche, je vais caresser sa nuque et le rapprocher de moi. Nos visages sont à quelques centimètres l'un de l'autre, je frôle ses lèvres et lui murmure un inaudible 'Je t'aime' d'un ton amoureux et doux. Il sourit, ses yeux brillent de milles feux. Je fais rentrer en contact nos lèvres pour la première fois de la journée.
Ca fait tellement longtemps que je n'ai pas goûté à ses lèvres, pulpeuses et parsemées de gloss à la fraise. Mon parfum préféré. Sa langue vient taquiner mon piercing et ma lèvre inférieure. J'entre-ouvre mes lèvres et emprisonne son morceaux de muscle. Je le suce, le mordille et lui donne quelques coups de langue. Il pousse un léger gémissement en sentant mes mains malaxer ses fesses rebondies et bien moulées dans sont pantalon noir.
Une infirmière nous interrompt pour m'amener mes traitements. Elle me regarde avec tristesse et pitié. Je gobe ses gélules pour lui faire plaisir. Et elle repart comme est elle venue, fermant la porte. Bill se retourne vers moi un sourire tristounet sur son visage mais il sourit.
« Je t'aime tellement Bill !
Moi aussi, tu sais j'ai quelque chose à te dire...
Chut dis rien et profitons non ?
Je... D'accord. »
Il se couche sur mon lit et nous reprenons notre baiser langoureux où nous l'avions laissé. Mes mains parcourent son corps long et fin. Je remarque qu'il a pris un peu de poids, sûrement à cause de moi. Il doit beaucoup manger pour faire passer son stress. Ses mains à lui se réfugient dans mon cou. Il dérive ses baisers sur ma mâchoire, puis il remonte et suce légèrement mon grain de beauté situé sur ma joue droite. Une de mes mains se réfugie sous son tee-shirt sur sa hanche. Il active ses baisés dans mon cou. Il soulève la robe de chambre horrible que je porte depuis maintenant quatre mois. Dévoile mes cuisses maigres, mon boxer où se cache ma virilité éveillée puis mon torse ou règne une énorme tâche brune indiquant que j'ai bel et bien le Sida.
Ses doigts tracent des arabesques sur mon torse maigre et halé. Il s'arrête sur cette tâche. Il la gratte pour la faire disparaître, mais il se rend compte que tout ça est bien réel. Il fait naître des frissons sur mon corps quand il passe ses ongles sur mes flancs. Je soupire de bien être, cette proximité m'a tellement manquée, nous n'avons eu que très peu de rapports en quatre mois. Même si je sais qu'il est séropositif, j'ai toujours peur que cette maladie se développe. Il lui reste tellement de temps à vivre. Je sais que moi aussi j'aurais dû rester encore quelques années. Mais je préfère savoir que c'est moi qui vais mourir plutôt que lui. J'aurais pas supporter qu'il me laisse. Un acte d'égoïsme ? Hum sans doute. J'arrête toute pensée quand je sens son souffle chaud sur le morceaux de tissu qui sépare mon sexe a l'air libre. Il lèche mon boxer me faisant gémir et sursauter. Il remonte son visage jusqu'à l'élastique de mon sous vêtement, il lape ma peau passant parfois sa langue taquine et coquine dedans pour la ressortir au plus vite. Quand il voit que je commence à être vraiment frustré et impatient, il enlève son tee-shirt et son pantalon. Il les jette à l'autre bout de la chambre, il se remet sur moi, il m'embrasse furtivement les lèvres. Il fait frotter nos deux sexes irrigués l'un contre l'autre me parcourant de millions de frissons. Je pose mes mains sur son dos l'abaissant pour pouvoir sentir chaque centimètre de peau contre la mienne pour me prouver que ce n'est pas un rêve, que tout cela est bien réel. Nos gémissements brisent le silence de cette chambre bien trop angoissante. Le lit grince quelques peu mais on s'en fout complètement. Il passe sa main entre nos deux corps, il libère ma virilité de mon boxer et la sienne. Il donne de grands coups de rein faisant rencontrer nos virilités à une allure incroyable. Mes mains glissent le long de son dos dû à la sueur que dégage son corps si envoûtant et sensuel. Il pose ses mains de part et d'autre de ma tête, il jette sa tête en arrière et gémit librement. Nous arrivons tous les deux à un orgasme fulgurant. Mes yeux se révulsent, mes doigts de pieds se crispent contre le matelas. Mon corps se cambre légèrement en avant quand je me libère sur mon torse. Il me sourit, il allait pour nous lécher mais je lui prends la tête entre mes mains et l'embrasse langoureusement. Je contracte mes abdos quand je le sens me pénètrer. Tous mes muscles se tendent et un gémissement sort de mes lèvres. J'ouvres mes yeux qui étaient fermés quelques temps avant et voit mon ange me sourire. Je me redresse sur mes coudes et l'embrasse le plus amoureusement possible. Je veux lui montrer que même si je meurs, je l'aimerais toujours aussi fort que maintenant. Une larme coule le long de sa joue pour venir se stopper sur la commissure de la lèvre. Du bout de ma langue, je la lèche, un léger coup salé se répand dans ma bouche. Il sort sa langue de sa bouche et me la présente. Il entame un va et vient lent. Je ferme les yeux et soupire. Je sors ma langue aussi et enlace la sienne. Je réouvre mes yeux et croise son regard. Plein de tendresse et d'amour. Ses va et vient en moi me font perdre la tête. Je sens sa virilité entrer et sortir en moi, chaque pénétration me fait grimper un peu plus haut chaque seconde. Son gland tape contre ma prostate, me donnant des décharges électriques le long de ma colonne vertébrale. Je suffoque presque quand il les accélère ses accoups de reins.
« HAN Bill...
Hum Qu... Quoi... Hum Oui
Je.. Je t'aime HAN comme sa hum oui !!!!
Moi aussi han... »
Ses coups de reins vont de plus en plus vite faisant claquer ses testicules contre mes fesses.
Il attrape mes hanches, j'arque mon dos au maximum pour qu'il me pénètre davantage plus profond. Il s'abaisse au maximum et lèche mon sexe tendu par le sang qui s'accumule. Et oui Bill est contorsionniste, ce qui est pas mal, faut l'avouer.
Il s'aide d'une de ses mains pour pouvoir me faire une fellation digne de lui. Il continue toujours ses mouvements incessants en moi. Mon c½ur s'accélère. Je commence à avoir du mal à respirer, je prie dieu pour me laisser encore quelques minutes avec mon ange...
Il frotte ses deux piercings qu'il a sur la langue sur mon gland et tout le long de ma virilité. Je donne moi aussi des coups de reins pour venir plus vite car je commence à avoir mal. C'est dans un coup de langue qu'il me fait éjaculer dans sa bouche. Bill éjacule en moi, sa chaleur se répand en moi. Je souris. J'aurais au moins une partie de lui en moi quand je partirais de ce monde. Il recrache mon sperme sur mon ventre et vient m'embrasser langoureusement. Il se retire doucement, nous laisse échapper un dernier gémissement.
« Va te doucher, les médecins vont pas tarder à arriver bébé. Je t'aime fort tu le sais
oui je le sais moi aussi. D'accord mais tu m'attends ! »
Je ne lui réponds rien, je ne pourrais pas l'attendre malheureusement, c'est déjà trop tard. Il m'embrasse langoureusement pour la dernière fois de ma vie. Je lui caresse ses cheveux couleur corbeau. Il prend ses vêtements et va dans la douche. Je le nettoie, remets mon boxer et ma chemise. Je me couvre et attends la fin. Ma respiration commence doucement à se faire bruyante. Les battements de mon c½ur se font de plus en plus rare. Voire inexistants. Mes poumons me brûlent. Je murmure pour moi-même un 'adieu' et pour lui un 'je t'aime'... Bill sort de la douche tout habillé, il me regarde et une larme coule...
Fin Pov de Tom .
Pov narrateur.
Les yeux du malade se ferment. Instinctivement, le jeune homme regarde l'électroencéphalogramme.
Sur l'écran noir, le signal est plat.
Il s'approche du lit, silencieux.
« Pardon d'être venu trop tard. Je n'ai pas eu le temps de te dire ce que je voulais. Je n'ai pas osé venir avant. J'avais trop peur de soutenir ton regard. Mais tu sais... »
D'une main, il prend la sienne, immobile, et caresse son ventre.
« ...Tu allais être papa. »
Profitez de chaque seconde, de chaque moment de bonheur.
Ne gardez pas que les mauvais souvenirs en vous, vous n'avez pas une sale vie, ce n'est pas vrai, acceptez votre existance. Celle-ci peut basculer à tout moment.
Une maladie....
Qui sait...
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Voilà un Os pour mon meilleur ami en 2 heures il était fini. Vous le trouvez comment les miss???
Bisous..