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Rappel:
 
Pensées directes des personnes durant les POV
- »Paroles »
Narration
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Kapitel 22.
 
Il me sourit, de la pitié se lit dans son regard. Il a pitié de moi, car il voit à quel point j'aime les deux êtres qu'il y a sur ce lit d'accouchement. L'un en vie, à qui je tiens la main et l'autre dans le ventre de son papa.
Le médecin est toujours entre les jambes de Bill. Malheureusement pour lui, les médecins ne peuvent pas faire de césarienne. Donc il va devoir accoucher comme une femme, on va dire. Je commence à stresser. L'homme n'est pas construit comme la femme, elles sont parfaitement adaptées pour accoucher alors que l'homme, non. Je sers sa main dans la mienne, je sens mon sang couler le long de mon bras. Vu que j'ai arraché mon intraveineuse.
Bill essaye tant bien que mal de happer de l'air mais en vain. Une infirmière lui met le masque à oxygène. Son front est couvert de sueur. Dans son regard, je vois à quel point il souffre, qu'il aurait aimé ne pas tomber enceinte. Ca me fait mal mais je le comprend.

Cela fait trois heures que nous sommes dans cette salle. Les contractions sont toujours présentes. Bill souffre toujours autant. 3 heures que le bébé est dans le ventre mais qu'il ne veut toujours pas sortir. 3 heures que Bill saigne. 3 heures qu'on attend. 3 heures d'angoisse intense.
Et 3 heures où je médite pour qu'ils vivent tous les deux. Si je perds un de ces êtres qui m'est cher, je crois que je n'arriverais pas à survivre dans ce monde. Puis, je ne pourrais plus regarder Bill comme avant et si c'est l'inverse, je ne regarderais pas ma fille comme j'aurais aimé la voir. Je m'efforce de ne plus penser à ca. Ils vont vivre tous les deux et ensemble avec moi. Le médecin nous regarde à tour de rôle puis il arrête son regard sur Bill.

« -Docteur: Bill vous allez devoir pousser sinon votre enfant va y rester, d'accord ? »

Il secoue négativement la tête et la laisse tomber sur le matelas. Son ventre monte et descend à une allure folle.

« - Tom: Bill pense à notre petite fille. Sa fait neuf mois que tu la portes. Tu l'aimes fort, non?
-Bill: Je peux pas....
- Tom: Pourquoi?
-Bill
en pleurant: Tom... j'ai trop mal au rein. je... J'vais mourir.
- Tom: Shhh dis pas ça, bébé. »

Je lui embrasse le front et lui caresse la joue. Le médecin relève sa tête, il fronce les sourcils et ordonne à Bill de pousser.

« -Docteur: Allez Bill, poussez, poussez. »

Il pousse tant bien que mal en gémissent de douleur, ses pleurs ne se sont toujours pas calmés. Je sers sa mains aussi fort que je peux pour lui montrer que je suis là et que je ne le lâcherais pas. Ses jambes tremblent, il pousse toujours mais pas assez pour le medecin. Les infirmiers s'activent autour de nous. Entre lui éponger le front, regarder sa tension et autre, c'est pas évident, vu comme il remue.
Je le regarde, son visage est pâle tel un mort. Sauf qu'il est bien vivant. Sont thorax monte à une allure inimaginable. Les médecins essayent de stopper l'hémorragie mais rien. L'inquiétude règne maitre dans cette salle.

POV Bill.

La douleur est si présente que je serais prêt à mourir maintenant pour ne plus souffrir. J'essaye de respirer. Mais rien ne vient. Pourquoi j'ai autant mal ? Tom me regarde, il a peur pour nous, ma chérie. Je le comprend un peu. Je pose mes deux mains sur mon ventre rond. Tom en joint une sur la mienne. Tu as vu ? On t'aime mais pourquoi tu me fais aussi mal, ma puce ? Je t'ai gardé presque 9 mois dans mon ventre et tu me remercies ainsi ? Je te sens remuer dans le creux de mes reins. Tu me fais trop mal. Les larmes dévalent mes joues blanches. Pourquoi moi ? Et pas Tom ? Le médecin me regarde, il veut que je pousse mais je pourrais pas, il le sait pertinemment mais non il n'y fait pas attention. Il enlève ses gants. Je le regarde perplexe : C'est quoi ce bordel ?

« -Docteur: Bien Bill, vous ne voulez pas accoucher, bah vous ne le faites pas.
- Tom: Hein?
-Bill: Quoi?
-Docteur: Si vous ne poussez pas immédiatement, votre fille va mourir !!
- Tom: Je... Bill s'il te plait... »

je les regarde tous, je suis le centre d'attention ou quoi ? Je secoue la tête, me préparant à souffrir plus que jamais. Le médecin remet ses gants. Et je pousse comme jamais, hurlant toute la douleur que je ressens.

POV externe.

Oh Bill, si tu savais comme tu rends un homme heureux dans cette salle, tu la sens glisser le long de tes reins, tu sais qui c'est? Ta petite fille. Oui tu ne rêves pas, elle va bientôt pouvoir respirer sa première bouffée d'air à vos côtés. Tu saignes toujours mais qu'importe comme tu le penses si bien. Tu vas donner naissance à ta fille que tu chéries plus que tout au monde à cet instant.
Tu entends vaguement un petit hurlement strident, tu la regardes oui la. Ta petite fille qu'on pose sur ton ventre. Tu pleures comme jamais, tu lui murmures que tu l'aimes plus que tout. Tom à tes côtés, t'embrasses à pleine bouche pour te prouver qu'il t'aime fort. On t'enlève ta petite fille pour aller la laver.. Toi, tu as toujours du mal à respirer et c'est à ce moment précis que tu voies ta vie défiler à travers tes paupières fermées. Un Bip strident s'élève dans la salle.
Oh Bill, tu vas mourir ? Alors que tu as accomplis la tâche la plus dur. Tu ne vas dont pas profiter de ce petit bébé que tu viens juste de faire naitre avec Tom.. Non, toi ce qui te traumatise, c'est d'abandonner ta vie pour aller dans une tombe. Bill, au revoir..

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Fin du chapitre 22.
 Voilà j'l'ai enfin fini je sais c'est court c'est fait exprès... Alors pas trop déçue ???
Suite quand j'aurais 30 com's...
Et un grand merci a Fiona de l'avoir corriger, j'la plaind elle était bourer de faute :$

Musique en écoutante: ça ecoute
 
 Edit: je n'en revient pas de tout vos commentaire x) merci moi qui croyait vous avoir toutes et tous perdu ^_^ pour la scène de l'accouchement bah j'ai demander l'avis d'une amie a moi qui est maman a cet heure si. Sauf qu'elle est vivante et qu'elle éléve sa petite puce d'a peine 2 mois avec elle et sa petite femme ^^. Je suis heureuse pour vous les filles:)
JE vois que la fin de ce chapitre vous est pas trop plus sais normal. J'me sentais mal a cet instant il ne faut pas m'envoulori mais je l'est ecris avec tout l'amour que j'ai pus..

MErci encore..

NON sa n'est pas la fin de cet fiction!! Il reste encore plein de chapitre, sa seras toujours triste mais il y aurat une petite pointe de bonheur pour eux...
Reponse a Emma: Ah le prénom de la petite, ils l'ont déjà trouver mais je vous laisse la surprise :), et désoler de ne pas avoir rep a ton message mais je n'est plus de credi bisous ^^ .

Edit: salut a vous :), merci pour tout ses jolies commentaires sa me fait plaisir de voir que vous ne m'avez pas lacher ^_^, sinon pour la suite j'vais essayer de la poster ce week-end ou Lundi vue que je ne travail pas. Sinon comme vue avez puis voir Wut-Will-Nicht-Sterben est maintenant fini, j'avais plus d'inspiration donc je la met de coter pour la reprendre un peut plus tard, mais vous inquièter pas, j'ai une surprise pour vous cliquer ^^. Bisous..

иαт-נ
uи.
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# Posté le mercredi 23 avril 2008 06:04

Modifié le dimanche 13 juillet 2008 03:00

La suite seras ici vers fin juillet...

# Posté le samedi 17 mai 2008 02:59

Modifié le dimanche 13 juillet 2008 03:02

Cet Os est dédié à un ange qui va bientôt partir ... pour toujours.. Pour mon meilleur ami.

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Petit enfant, tu es grand.
Petit enfant tu es beau.
Petit enfant ne pleure pas.
Petit enfant, il vaut mieux rire que verser ces larmes sur tes belles joues.

Oh oui, tu as de quoi pleurer. La vie n'a pas été belle pour toi. C'est vrai que le bonheur est un mot que tu connais à peine, que tu n'as effleuré que quelques fois, du bout des doigts, sans jamais arriver à le saisir et à le serrer fort dans tes bras.
Mais tu sais, parfois le bonheur n'est pas loin. Il est à porté d'un sourire, d'un mot, d'un ... homme.




[...]



Les notes finissent de résonner dans la petite pièce blanche. Mon corps s'allonge sur le lit et je ferme les yeux.
Une larme solitaire coule sur ma joue et meurt dans mon cou. Larme de tristesse, larme de désespoir. Larme salée de ma peine. Je me mords les joues, ne voulant pas craquer une fois de plus. Ça ne servira à rien, ça ne servirait à rien.

« Tomas. »

Un simple murmure, un nom soufflé contre mon oreille. Un nom que je n'entendrais bientôt plus.
Voix de ma petite femme, de mon amie. Voix de l'être aimé qui me fait chavirer le c½ur en un simple regard. Parce qu'elle représente tout pour moi, elle est cette personne qui compte plus que moi-même.
Sa main se pose sur mon épaule et remonte le long de ma joue pour effacer la trace de ma faiblesse.

« Arrête de murmurer ces paroles s'il te plait. Pas ce soir. Juste pas ce soir. »

Supplique, sanglots au bord des yeux et des lèvres. C'est dur pour elle aussi. Je le sais, je le sens.
Je rouvre les yeux et rencontre aussitôt les iris verts penchés sur moi. Petit sourire en coin.

« Pourtant c'est vrai. » Je me mets à chantonner. « Je pars, Je n'reviendrais jamais. Bientôt, le monde m'aura oublié, tu sais. Que j'aille ... Tu vois.»

Deux bras m'enserrent et un visage se niche dans mon cou. Etreinte d'amour, de fraternité, parce que je sais que je la blesse en écoutant cette chanson en boucle. Pourtant c'est juste moi, moi qui vais bientôt partir, bientôt la laisser seule. Et qui ne reviendrais jamais.
Je pose mes mains sur son dos et tente de l'apaiser. Cercles, caresses, gestes de tendresse et d'amour, je déteste la voir ainsi ... à cause de moi. Mais c'est plus fort que moi.

« Chut Nat-Jun. Je veux pas que tu pleures. J'aime pas. »
« Alors arrête de dire ça sans arrêt. »
« D'accord. »

On reste là à s'enlacer, se serrant dans nos petits bras d'enfants, dans nos petits bras d'adultes qui sont encore trop jeunes pour affronter ces horreurs. Des bras accrochés à des corps qui en ont vu, et pas assez en même temps. Mais elle, elle a encore le temps, moi pas.
Parce que chaque seconde est unique, qu'elle reste gravée dans nos c½urs. Parce que la fin est déjà trop proche et qu'on ne veut pas qu'elle arrive. Et que le temps s'écoule trop vite à nos yeux, bien trop vite. Chaque moment est important et vécu à 200%. Chaque sourire est partagé, chaque mot est rempli d'amour et chaque larme est un énième cri de douleur.
Je reprends :

« Eh ! On va être en retard si tu me lâches pas. »
« Je te lâcherais jamais. »
« Je sais. »

On finit pas se détacher, des traces de larmes sur nos joues. D'un revers de main Nat-Jun essuie ses joues rouges et sourit pour se redonner un peu de contenance.

« En plus j'ai une surprise pour toi. » Me chuchote-t-elle.




[...]



La foule avance dans un flot tumultueux, des cris surgissent de partout. Les portes viennent d'ouvrir et tout le monde s'engouffre pour avoir la meilleure place. Beaucoup d'enfants, de gamines égoïstes qui ne se préoccupent pas des autres. Beaucoup de parents inquiets pour leurs progénitures et puis les quelques autres, différents, mais qu'on ne remarque pas dans la foule, car trop peu.
On avance en essayant de ne pas se lâcher. Lorsqu'on arrive enfin non loin de la scène, nous soupirons de soulagement.

Je suis essoufflé et j'ai beaucoup de mal à respirer. Ce n'était peut-être pas une bonne idée. Mais j'avais insisté. Je voulais absolument y aller, même dans mon état. Parce que c'était un rêve, et que je voulais le vivre, avant de partir. Ma main se crispe sur mon jean alors que l'autre se pose sur ma poitrine dans un espoir vain d'aller mieux. Je toussote un peu, crache et lève les yeux vers mon amie pour la rassurer.
A quoi bon, les faux semblants n'ont plus lieux maintenant. Mentir et paraître est bien trop futile à ce stade. Rien que mon visage pâle témoigne de mon état. Je le sais, mon reflet me le renvoie trop bien. Je refuse même, depuis quelques temps, de me regarder dans un miroir. Tout ça parce que je suis malade, trop malade.
Parfois, lorsque je fais une crise d'angoisse, je ressemble presque à un cadavre. Mais malgré tout ça, je suis dehors ce soir. Je suis dans cette immense salle, avec ma meilleure amie, pour voir un groupe de rock très connu.

Tokio Hotel.

Et puis Nat-Jun a bien pensé, elle s'est mise côté Georg, pour moi, rien que pour moi. Puisque c'est ma soirée, ma dernière vraie soirée.
Les lumières s'éteignent et la scène s'illumine sur le guitariste qui joue les premiers accords. Puis le spot se déplace de l'autre côté, éclairant le bassiste, Georg, et enfin, le dernier musicien, le batteur, Gustav, apparaît.
La voix du chanteur s'élève et il arrive en courant sur scène. Mais je ne le vois qu'à peine. Mon regard est fixé sur un autre membre du groupe. Moins sollicité par les fans, mais extraordinaire à mes yeux.
Je le trouve vraiment beau, ce jeune homme d'un an mon aîné. Georg Moritz Hagen Listing.

Un sourire naît sur mes lèvres un peu tremblantes et je sens mon c½ur se gonfler de bonheur. Je l'ai enfin vu, enfin vu l'homme qui hante mes nuits et mes rêves, l'homme que je croyais n'être qu'un rêve d'illusion. Mais là, ce n'en est pas un. Il est bien là, juste en face de moi, jouant de sa basse, ses cheveux lisses bougeant au rythme de ses mouvements de hanches.
Des étoiles brillent dans mes yeux, des étoiles grises et bleues. Des étoiles de bonheur, de joie et de bien-être. Pourtant on me bouscule et l'on tente de me dépasser. Mais je m'en moque, mon corps a déjà mal alors un peu plus ou un peu moins ... et puis plus rien n'a d'importance en cet instant. Parce que tout ce dont j'ai besoin est là. Mon amie qui me tient la main et le bassiste du groupe Tokio Hotel qui joue devant moi.

Les minutes s'écoulent, les heures même. Mais je ne m'en rends pas compte. Mon regard reste accroché à Georg et je sens que mon c½ur va bientôt éclater à force de se gonfler d'allégresse. Et puis brutalement, comme une lourde chute, le concert se termine et Georg disparaît ... pour toujours.

Je reviens à la réalité et manque presque de m'étouffer. Pendant quelques heures, seulement deux petites heures, je me suis senti vivre. J'ai senti mon c½ur battre dans ma poitrine, cogner dans mon corps et crier sa joie.
Joues rouges, souffle court, cheveux en bataille, yeux larmoyants, Nat-Jun me reconnaît à peine. Cela faisait si longtemps qu'elle ne m'avait pas vu ainsi. Mais elle est heureuse. Parce qu'elle sait pourquoi.

Alors que je la tire pour la guider vers la sortie, elle s'arrête et me stoppe. Je m'inquiète :

« Nat-Jun ? »
« Tu as oublié que tu avais une surprise. »

Je la dévisage, cherchant un indice. Mais seul un sourire taquin me répond. Elle fait demi-tour, se dirigeant vers un côté de la salle. Docilement, je la suis, m'attendant au pire avec elle. Après tout on en a fait des conneries à deux. Les baskets jetées sous le pont de deux mètres cinquante et ma jambe cassée, la pipe sur la balançoire, le pétard et la bouse de vache partout sur moi ... je repense à tous ces bons moments avec elle, ces moments que je ne vivrai plus. Ces moments qui me manqueront. Des moments fous, très cons, mais des moments heureux. Toutes ces petites choses qui font que la vie vaut la peine d'être vécue. Parce que l'on ne peut les oublier.
C'est comme une caresse légère, un souffle dans les cheveux, sur le visage, un vent qui sèche les larmes de douleur. Un murmure de bonheur et de souvenirs éternels. Un chuchotement au creux de l'oreille, une main enlacée à une autre, un regard plongé dans des pupilles brillantes, tout ça ... simplement ça, comme un livre d'images plus belles les unes que les autres.

« Ils sont partis par là bas. »

Je sors de mes pensées en réalisant que mon amie est en train de parler avec un technicien et qu'on passe derrière la scène. Direction backstage. Je ressers ma main dans celle de Nat-Jun.

« Bon et maintenant on trouve Georg, hein ? »

J'écarquille les yeux et tourne la tête dans tous les sens. Je n'y crois pas. Je vais peut-être pouvoir voir Georg et même lui parler avec un peu de chance.
Une larme perle sur ma joue et je renifle pour ravaler mes sanglots. Mais cette fois c'est de bonheur, pas de tristesse. Ça faisait tellement longtemps que je ne l'avais pas autant été, que je me laisse submerger par mes émotions et plusieurs larmes dévalent. Mais ça me fait un bien fou.
En face de moi, Nat-Jun me tend un mouchoir que j'empresse d'attraper pour essuyer tout ça.

« Tu vas être tout moche avec ces larmes. » Rigole-t-elle.
« De toute façon je le suis sans. Tu le sais ... »
« Pas ce soir j'ai dit ! » Me coupe-t-elle.

Je souris et range le mouchoir dans une poche. Maintenant que je suis là, je dois tout faire pour le trouver. C'est mon unique chance. Armé d'une nouvelle détermination, je pénètre un peu plus dans les coulisses. Je vais tout faire pour le trouver et lui parler. De toute façon la langue n'est pas une barrière, je suis Allemand à la base.

Les couloirs défilent sous mes yeux, des techniciens, esthéticiennes, passent et repassent. Il y a un peu de tout partout. Des câbles en boule, des spots cassés ou pas, des micros ... et les instruments, ce n'était pas encore la bonne pièce.
J'avance encore, suivi par mon amie qui marche derrière moi.
Une nouvelle porte se dessine devant moi, sur un mur gris, et je l'ouvre à la volée, pensant trouver une nouvelle fois du matériel. Mais au lieu de ça, je me retrouve face à Tom et Bill Kaulitz en train de jouer au ping-pong. Je m'immobilise, stupéfait, n'arrivant plus à bouger. Sur un canapé, à droite, Georg et Gustav discutent tranquillement.

« Euh ... par ... pardon. » Bégaye-je.

Les quatre membres du groupe se tournent vers moi et me dévisagent.

« Je ... je ... »
« Tu veux un autographe ? » Me questionne Tom en posant sa raquette et en s'avançant vers moi.
« Non. Oui ...euh ... »

Nat-Jun intervient, dans un accent allemand horrible :

« Georg. »

L'interpellé se lève et se place devant moi.

« Tu veux que je te signe un autographe ? »

Mais je suis incapable de dire quoi que se soit, étant bien trop ému. Georg est juste à quelques centimètres de moi et je peux même sentir son parfum. Mes mains tremblent et je me tortille les doigts, gêné. Ma respiration se coupe, mon corps n'arrivant plus à réagir.
Cette fois c'est bien réel, encore plus que pendant le concert. Je détaille son visage, ses traits fins, son nez légèrement en trompette, ses yeux gris-vert, sa fine bouche rosée et sa petite fossette au menton. Je suis à peine plus grand que lui, on peut même dire que l'on fait la même taille.
Je reprends enfin mon souffle, tout en imprimant chaque détail de lui, et réponds à sa question.

« Ben euh ... ou ... oui. »
« Tu as quelque chose ? Parce que moi non. »
« Ah ? Euh ... j'ai pris que mon corps. »

Nat-Jun donne une légère tape sur mes fesses et s'éclipse. Elle n'a plus rien à faire ici. Maintenant c'est à moi de faire le reste.
Georg écarquille les yeux et se met à rire.

« Ah d'habitude c'est Tom qui signe sur les poitrines des jeunes filles. »
« Jaloux !! » Réplique le dréadé derrière lui.
« Désolé mais en ce moment je suis en mode “G”. »
« Oh ! » Répondent simplement les trois autres.

Georg se retourne vers moi. Je n'ai absolument rien compris à leur échange. Il est en mode quoi ? Ça veut dire quoi “G” ?

« T'as un stylo ? »

Rapidement je me mets à fouiller dans mes poches et le reste de mes habits, mais rien. J'hausse les épaules, désolé et secoue la tête.
Me sentant vraiment gêné, je commence à reculer. Je n'ai pas envie de me mettre encore plus la honte. Mais une main m'attrape et me tire vers l'avant, me plaquant contre un corps chaud. La porte claque derrière moi et je sursaute, m'agrippant au t-shirt devant moi. Timidement, je relève les yeux et croise ceux anxieux de Georg.

« Désolé, notre garde du corps passait et si il t'avait vu, tu aurais passé un mauvais quart d'heure. »
« Merci. »

Ses mains un peu rêches me repoussent doucement. Pourtant j'aurais bien aimé rester un peu plus dans ses bras.

« Bon alors, tu n'as pas de stylo, ni de feuille ou album, pourquoi t'es là ? » Demande Gustav en décapsulant une canette de soda.
« Je voulais voir Georg parce que c'est celui que je préfère et ... qu'en plus ... je le trouve ... charmant. » Finis-je en rougissant.

Gustav recrache alors ce qu'il est en train de boire et Bill s'exclame, derrière Georg.

« Gagné !! Gagné !! » Crie-t-il en sautant partout.
« Ben y a pas idée aussi de dire que Ge' est charmant !! » Bougonne Tom.
« Eh ! Pour une fois que c'est pas de toi qu'on parle. » Réplique le bassiste.

Ce dernier se retourne vers moi qui ai aussi envie de rire. Il se penche vers mon visage et me murmure :

« Idem. »
« Rah !!! Il est trop kawai Ge' quand il drague !! » Hurle une nouvelle fois le chanteur.

Tout le monde se bouche les oreilles sous ses cris stridents et soupire en le voyant faire une danse de la victoire complètement pathétique. Son frère jumeau s'approche de lui, l'attrape par les épaules et le guide vers une porte.

« Aller Macky, tu vas aller prendre tes cachets hein. »
« Meuh Tomi !! T'es méchant !! »

Et ils disparaissent dans la pièce annexe.

« Ben moi je vais aller me changer, je suis trempé de la tête aux pieds. » Dit Gustav avant de disparaître à son tour.

Il ne reste plus que Georg et moi. On se regarde et finit par éclater de rire. On s'assoit un peu difficilement sur le canapé, se tenant les côtes.

« La ... gueule ... qu'ils ... qu'ils ... tiraient !!! »
« Ou ... ouiii !! »

Ça me fait mal de rire, mon corps est tellement faible. Mes muscles se tendent et la douleur se propage dans tout mon corps. Je serre les dents et tente de me calmer en respirant calmement. Et alors que j'attrape le hoquet, Georg pose ses mains sur mes joues et immobilise mon visage. Puis il se rapproche de moi et s'arrête à quelques centimètres de mes lèvres.

« Mais je ne riais pas quand je l'ai dit. »
« Je sais. » Je murmure en comblant l'espace entre nos visages, collant mes lèvres aux siennes.

Ma langue vient caresser les lèvres un peu charnues de Georg. Je me crois dans un rêve, sur un petit nuage de toutes les couleurs. Je n'arrive pas encore à réaliser que je suis en train d'embrasser l'homme de mes fantasmes les plus fous. C'est comme une chaleur dans mon corps, un brasier naissant. Moi qui ai tout le temps froid, je suis en train de brûler.
Je pose mes mains sur ses cuisses et commence à les caresser à travers le pantalon.

Mais soudain, Georg se recule, rompant brutalement le baiser.

« Pardon, je voulais pas. Enfin si, mais ... je suis pas comme ça. » Tente-t-il de s'excuser.
« Ça me dérangeait pas. »
« Non, mais je refuse de faire ça alors que c'est juste comme ça. On se reverra jamais donc je veux pas. »

Je me rapproche de lui et plonge mon regard dans le sien. Je devine que mes prunelles grises sont dilatées, presque noires. Et celles de Georg sont dans le même état.

« S'embrasser n'engage à rien. T'en as envie et moi aussi. Y a pas de problème. »

Je ne lui laisse pas le temps de répliquer, plaquant à nouveau ma bouche contre la sienne. Et cette fois je le force à entrouvrir les lèvres pour pouvoir approfondir ce baiser. Mes bras entourent son corps musclé et je le plaque contre le mien, si frêle, beaucoup trop même, afin qu'il ne s'échappe pas une fois de plus.
Nos langues se rencontrent, se battent, se lèchent et se mordillent. Le baiser devient sauvage, passionné et alors que Georg bascule sous moi, mes mains glissent sous son t-shirt pour venir caresser la peau inconnue.

« Si ça avait été une fille, ça aurait été moi là !! »
« Tom avance et laisse les prendre du bon temps. »

Apparemment les jumeaux viennent de passer et nous ont vu. Mais je suis bien trop occupé par le corps alangui sous moi pour réagir vraiment et puis il y a eu déjà pire. Comme la fois où je me branlais devant un poster de Georg et que mes parents ont débarqué avec le médecin. Mais ce n'est pas pour ça que je me suis arrêté, et ai continué jusqu'au soulagement.

Je laisse ma main descendre sur la fermeture éclair, pressant l'érection naissante entre mes mains.

« A ... attend ! »

Georg se relève sur ses coudes alors qu'il reprend son souffle.

« J'ai dit que je voulais pas. On arrête. »
« Pardon. »

On se retrouve assis l'un à côté de l'autre, chacun une érection plus au moins voyante, entre les jambes.

« Je suis pas comme ça d'habitude. » Commence à s'énerver Georg.
« Eh ! C'est pas grave. »
« Je ne sais même pas comment tu t'appelles. »

C'est vrai ça en y réfléchissant. On s'est un peu sauté dessus.

« Tomas. »
« Georg. » Répond-il en souriant. « Alors, puisque l'on est que tous les deux et que ta copine semble t'avoir laissé entre mes griffes, de quoi tu veux qu'on parle ? »
« Je sais pas trop. Tu sais, je ne m'attendais vraiment pas à ça. C'est une surprise, et bonne, délicieuse même j'avoue. »
« Hum ... tu voudrais peut-être boire quelque chose ? »
« Un truc frais se serait pas de refus. Avec tout ce qui vient de se ... passer. » Je jette un coup d'½il au canapé en souriant. « J'ai attrapé chaud. »

Georg suit mon regard et se mord la lèvre inférieure. Tout en plongeant la tête dans le frigo, il marmonne :

« Mouai, moi aussi. »

Il en ressort deux canettes de soda et m'en tend une. Je remarque alors que Georg me dévisage, attendant que j'ouvre ma boisson. Mais je ne suis pas dupe et j'ai bien vu qu'il l'avait secoué avant de me la donner.

« Tu sais. » Je commence en faisant tourner le soda entre mes doigts. « Je sais toujours quand il faut mettre un doigt au cul ... de la canette. »

Mon rire résonne dans la pièce alors que je retourne m'asseoir, un doigt appuyé sous la boisson. Les joues rouges, Georg me rejoint. Je le regarde un peu et souris. Ça me fait bizarre de me trouver là, en sa compagnie mais je me sens bien. Ma gêne du début s'est volatilisée et je profite au maximum de ces instants.

« T'es vraiment super sur scène. J'aime beaucoup comment tu joues. »
« Oh, merci. »

Son regard se baisse, fixant ses pieds.

« Je t'avais remarqué dans la salle. » Marmonne-t-il en décapsulant sa boisson. « T'arrêtais pas de me fixer, j'ai cru que j'avais une merde sur la figure. En coulisse j'ai pas cessé de me regarder dans un miroir pour voir. »

Je souris encore plus. Je voudrais rire mais je sens qu'à trop forcer, mon corps ne tiendra pas toute la soirée, et je serais pris de tremblement. Et je refuse qu'il me voie dans cet état.

« T'inquiète, tu le sais quand t'en as une sur toi. »
« Ah bon ? »
« Mets un pétard dans une bouse de vache et tu verras ce que c'est. J'en ai cradé ma veste comme ça. »
« Non !! »

J'ouvre ma canette et porte l'opercule à ma bouche en acquiescant. Mais malheureusement, je me coupe le doigt avec le bord tranchant. Georg s'en aperçoit aussitôt et attrape ma main pour retirer le sang.

« Non ! »

Je la retire très violemment.

« Ben qu'est-ce qui se passe ? » Intervient Gustav qui revient tout propre et changé.

A ce même moment les jumeaux reviennent avec chacun un énorme sandwich entre les mains, en parlant de la vie des tomates dans les camions de transport. Bill passe la porte en donnant un coup de cul et explique sa vision des choses à son frère.

« Ben tu vois elles rougissent en fait en voyant les calendriers des ... Ben qu'est-ce qui passe ? » S'interrompt-il en voyant tout le monde comme figé.
Georg explique en tentant encore d'attraper mon doigt. « Tomas s'est coupé le doigt mais il veut pas que je regarde. Aller donne !! »
« Non !!! Je veux pas !!! Ne me touche pas !!! » J'hurle. « C'est dangereux. J'ai le SIDA. »

Le sang ... c'est ma hantise. Je sais que quelques gouttes ne suffisent pas pour contaminer mais j'ai toujours peur de transmettre ma maladie. Parce que c'est la pire chose qui peut arriver. Une horreur sur terre, une horreur qui touche n'importe qui.
Un lourd silence s'abat sur le groupe. Personne ne sait plus quoi faire. Gustav tombe lourdement sur une chaise, Tom est immobilisé en train de croquer dans son sandwich, Bill serre le sien si fort que la sauce est en train de couler sur ses santiags, et Georg à la bouche grande ouverte.

« Euh ... » Tente de reprendre Gustav. « On est ... désolé. »

Bill secoue la tête et remarque alors les dégâts à ses pieds.

« Mes chaussures !! Mes belles santiags toutes neuves ! Non ! »

Chaque personne reprend ses esprits et alors que Bill essaye désespérément de retirer le ketchup sur ses pieds, Georg m'indique la pharmacie pour que je me désinfecte et protège avec un pansement. C'est peut-être un peu exagéré mais on ne se protège jamais assez. Et après c'est trop tard ...
Lorsque je reviens, chaque membre me fixe et semble ne plus savoir quoi faire. Finalement Tom attrape son frère par le bras et le tire, marmonnant des histoires de lavage de chaussures et d'imbécile de jumeau.

« Je vais voir si il reste à bouffer comme les twins. » Explique Gustav en s'éclipsant aussi.

Ne reste plus que Georg et moi. Il me jette de rapides petits coups d'½il, visiblement gêné.

« Je ... Pardon. Je savais pas. »
« Tu pouvais pas. »
« Ouai mais ... ça se fait pas de réagir comme ça. Enfin, c'est humain, mais pour toi c'est pas sympa. »

Je soupire.

« J'ai vu bien pire. »
« Ça fait longtemps ? »
« Assez. »
« Et comment ... ? »
« Erreur de jeunesse, une connerie. J'en paye le prix aujourd'hui. »

Voyant bien que ce n'est pas un sujet très gai, Georg change de conversation.

« Et ton amie, elle t'attend pas là ? »
« Nat-Jun ? Oula celle là, elle a encore dû trouver de quoi s'occuper. Je m'inquiète pas pour elle. »

Alors que le malaise ambiant commence à se dissiper, Tom arrive en courant.

« David arrive !! »
« Merde si il te trouve ici, on se fait tuer. Normalement on a pas le droit d'avoir des fans en backstage. On a eu des soucis, donc maintenant on se protège des éventuelles menaces, attaques en justice. »

Je me lève, comprenant que mon rêve s'arrête là, que je dois ouvrir les yeux et revenir au monde réel. Je commence à partir, mais Georg me retient et me colle à lui, torse contre torse.

« Tu pars comme un voleur. J'ai pas droit à quelque chose ? »

Je pose délicatement mes lèvres sur les siennes et l'embrasse lentement. Cette fois notre baiser est en contraste avec le premier. Doux, petite saveur sucrée sur le langue, danse érotique mais emplie de sensualité. Je me laisse fondre dans ce baiser, le dernier entre nous. Parce qu'on ne se reverra plus jamais après. Parce que c'est toujours mieux que rien.
Nuages bien hauts, je saute dessus comme un enfant le fait dans un château gonflable ... comme quand j'étais encore un enfant, un petit être innocent.
Je savais déjà que la vie n'était pas rose, loin de là, mais j'avais l'espoir enfantin de le trouver en grandissant. Parce que le sucre nous entoure, on garde cette saveur sur le bout des lèvres et on fait tout pour la garder. On capture des étoiles et on espère qu'un jour on arrivera à les mettre dans nos yeux pour qu'ils brillent de joie. Et puis on en met de côté pour les autres, les gens que l'on aime, car on veut les voir heureux grâce à nous. J'espère juste y être arrivé ...
Le bonheur m'envahit et mon c½ur rit.




[...]



Je garde encore le goût de ses lèvres sur les miennes, la douceur de ses caresses sur mon corps. J'ai parfois l'impression de revivre un de mes rêves. Mais non, ce n'en était pas un. Tout ça, toutes ces choses ce sont vraiment passées ... il y a presque une semaine.
Je me tourne un peu dans mon lit. Ma perfusion tire sur ma peau complètement blanche, cadavérique et je gémis de douleur. Je ne ressemble vraiment plus à rien. Les doigts de ma main droite se tendent vers la petite table de nuit sur roulette et, avec quelques difficultés et contorsions, arrivent à attraper le rebord pour la tirer vers moi.
J'attrape mon mp3 et l'allume. Nat-Jun m'a apporté des petites enceintes que je branche dessus. Au moins je peux écouter la musique sans m'emmêler dans les fils des écouteurs et de la perfusion.

Les premières notes d'Indochine résonnent dans la chambre et je mets à murmurer les paroles.
Pourquoi j'ai l'impression que c'est de moi que l'on parle ? Que c'est mieux de partir maintenant, de me laisser aller et de ne plus lutter ?
Comme une eau de rose, une eau rose, je voudrais couler librement et aller où bon me semble. Me laisser glisser sur les cours de la vie, pour atteindre la mort sans plus de cérémonie, pour quitter ce monde. Dire adieu et qu'on m'oublie. Je voudrais que les gens arrêtent de pleurer à cause de moi. Ces deux filles dans le jardin de mes rêves, ces enfants et ces adultes, ma famille et mes amis, que tous oublient mon existence pour qu'ils ne souffrent plus.
Je veux sortir de cet endroit où j'étouffe et trouver un endroit pour me cacher et partir en paix ... comme le fait une fleur pour faner.

Je m'appuie sur mes bras maigres, peau presque transparente recouverte de cicatrices, et m'assoie. Je dégage le fil de la perfusion et balance mes jambes dans le vide. Je tremble un peu, fatigué, épuisé par tout ça. Ma main gauche remonte le pan de ma blouse qui tombe, dévoilant une épaule dans le même état que mes bras.
Petite entaille devenue grande, petite entaille rouge devenue blanche. Petite entaille très vieille et copine, voisine beaucoup moins.
Je prends appui sur mes jambes, mes genoux se cognent et je me rattrape à mon pied pour la perf'.

« Merde, putain de merde. Saleté !! »

Enervé, je me rends dans ma salle de bain et ferme la porte en la bloquant. Ne pouvant pas tenir debout plus longtemps, je m'assois sur la cuvette des WC. D'une main fébrile j'attrape ma trousse de toilette et en ressors des lames de rasoir.
Regarde petite entaille, tu vas avoir une nouvelle amie, tu vas voir je vais te faire revivre. J'appuie sur ma peau qui m'éc½ure et laisse le sang sortit.

« Monstre. »

Les mots sifflent entre mes dents au fur et à mesure que j'appuie.

« Monstre. »

Je m'attaque à mon autre bras.

« Pédale ! Tantouze ! »

Je retrace doucement les grandes cicatrices, témoins de ma dernière chute qui a ratée. A croire que la vie veut que je souffre encore. Je ne peux même pas décider du jour de ma mort, parce qu'à chaque fois que j'essaye d'aller vers elle, elle me repousse et me replonge dans la vie, dans ce semblant de vie.
Douce torture, se faire mal pour avoir moins mal. Déraison puérile, geste inutile, et pourtant salvateur, le temps d'une seconde. Je ne veux juste plus voir les traces sur ma peau, les veines bleues qui ressortent, les taches brunes et la maigreur de mes membres.

Lorsque j'arrête enfin, pas plus soulagé que ça, je retourne dans mon lit. Mes doigts viennent immédiatement retrouver la chaîne autour de mon cou, et le petit médaillon, un parchemin, accroché à celle-ci. Quelques lettres gravées dessus, mais qui me montre que malgré ce que je suis devenu, Nat-Jun m'aime encore.
Puis ils descendent vers ma poitrine pour retracer les contours d'une de mes taches. C'est bien la seule que j'accepte. Pas très précise mais pour moi c'est un c½ur. Et il me fait penser à ma princesse.

Depuis le concert je ne l'ai pas revue, impossibilité pour nous deux. Alors je me raccroche à ces petits signes. J'ai l'impression qu'elle est là, que je la serre dans mes bras et que je sens son parfum m'envelopper. Elle me manque tant.
Normalement, elle devrait venir me voir aujourd'hui. Mais je ne sais pas à quelle heure et l'attente devient éreintante.

J'en ai trop marre de rester enfermé ici, dans cette prison blanche qui de toute façon ne me sauvera pas. Je me lève, enfile un pantalon léger qui tombe sur mes hanches, retenu par mes os et rien d'autre, et sors dans le couloir.
Les premiers pas sont hésitants et je m'accroche fermement à la barre fixée au mur tandis que mon autre main, la gauche, serre le fer froid du pied à perfusion.

Je décide de descendre dans le hall, voir un peu de mande me fait parfois du bien. J'avance très lentement et je déteste ça. Les gens se retournent sur mon passage, se demandant sûrement comment j'arrive encore à tenir debout. Mais je n'y prête pas attention, ça ne sert à rien.
Et alors que je tourne pour aller m'asseoir sur un des sièges dans la salle d'attente, je me retrouve nez à nez avec ... Georg.

Je cligne plusieurs fois des yeux, croyant rêver. Mes jambes tremblent et je sens l'air me manquer.

« Georg. »

Un faible murmure, un souffle, mais il l'entend et se retourne vers moi. Nos regards se rencontrent, se croisent et plongent l'un dans l'autre. Je vois ses lèvres se mouvoir et murmurer mon prénom. Puis ses yeux viennent à me détailler. La perf', la blouse, mon visage cadavérique ... je détourne ce dernier, honteux.

« Tomas !! Mon bébé ! »

Je me retourne et vois Nat-Jun arriver vers moi en courant comme une folle, un énorme sourire sur son visage de petite fille.

« Lapinou ! »

Elle se jette dans mes bras, manquant de me renverser et pose ses lèvres sur les miennes. Je serre son corps que j'aime tant contre le mien et l'embrasse un peu plus fort. Mes yeux se ferment et je me laisse envahir par son odeur féminine. Lorsqu'elle rompt notre étreinte, elle dépose un rapide baiser sur mon nez et niche son visage dans mon cou, et je fais pareil. Une semaine sans la voir c'est horrible.

Je lui murmure des mots d'amour et elle fait de même. Ses « je t'aime » sont comme une drogue pour moi et je les garde précieusement dans mon c½ur.
Elle finit par se détacher de moi. Elle penche la tête sur le côté et je tourne la mienne pour voir Georg qui nous détaille avec stupéfaction.

« Je rêve où c'est Georg ? »

Les gens autour de nous, nous dévisagent, tirant des têtes de dix pieds de long. Puis on commence à entendre des cris de filles et de l'agitation semble naître non loin. Georg secoue la tête et s'avance vers nous.

« Merde ! » Marmonne-t-il. « On s'en va. »

Il nous attrape et commence à nous tirer vers les couloirs. Une fois le brouhaha disparu, il se stoppe et nous faisons de même. Un énorme soupir échappe de ses lèvres et il s'affale contre le mur.

« Ça fait même pas deux jours que je suis là et c'est l'enfer. »
« Je ... pourquoi il est là ? » Demande ma petite femme.

J'hausse les épaules, n'en sachant pas plus qu'elle.

« Bill est hospitalisé, il a un kyste au cordes vocales et doit être opéré. Normalement on aurait dû rentrer en Allemagne mais les médecins refusent et Bill aussi d'ailleurs. Alors avec les autres on reste là, à attendre. »
« Crotte ! Il va s'en sortir ? »
« Oui, c'est bon. Tu es l'amie de Tomas, c'est ça, celle de la dernière fois ? »
« Ouai. »

Il se tourne vers moi, prenant d'un coup un air triste.

« T'es là pour tes problèmes ? »

J'acquiesce.
Des voix et bruits de pas rapides parviennent à nouveau à nos oreilles et Georg grogne contre les fans un peu trop envahissantes. Je réfléchis un peu et propose :

« On a qu'à aller dans ma chambre, on sera tranquille. »

Aussitôt dit, aussitôt fait, on se retrouve tous les trois dans ma chambre. D'ailleurs je suis bien content de retrouver mon lit pour pouvoir me reposer. Et en plus, c'est l'heure de mes traitements. J'avale mes cachets et sonne une infirmière pour qu'elle me donne une dose de morphine car je commence à avoir très mal. Tout se passe sous les yeux étonnés de Georg et je n'arrive pas à affronter son regard.
Je ne veux pas y lire de la pitié. Et lorsque j'ose enfin, je n'en rencontre pas une seule once. Il est juste triste et il me sourit timidement.

On frappe à ma porte et je vois l'interne qui rentre.

« Bonjour Tomas. Je viens juste voir comment tu vas. Tu peux te redresser un peu s'il te plait. »

Je m'exécute et l'interne se penche sur moi pour poser son stéthoscope. Puis il regarde mes bras, mes yeux et ma bouche. Il vérifie que tout est bon pour la perfusion et me pose quelques questions d'ordre général. L'appétit, la forme, la douleur ...
Moi, je m'amuse à le détailler tout en me léchant les lèvres. C'est vrai qu'il est beau, très beau même.
Alors qu'il quitte la chambre, Nat-Jun me donne un petit coup de coude.

« Saute-lui dessus, tant que t'y es ! Ça t'as pas suffit l'autre interne, faut que tu veuilles te faire celui-là aussi. »

Georg fronce les sourcils essayant probablement de comprendre ce qui se passe. Alors je lui souris et me mets à lui expliquer.

« Y avait un autre interne, qui maintenant est parti et il y a, à peu près six mois de ça, je me le suis fait. Enfin voilà c'est tout. »
« Oh » Répond-il simplement.

Je ne peux m'empêcher de lui sourire sincèrement, surtout quand il me le rend en dix fois mieux.
Assise à côté de moi, mon amie nous détaille, un immense sourire aux lèvres. Elle se penche vers moi et me susurre :

« Je reviens tout à l'heure. Je vous laisse en tête à tête, profite s'en. »

Elle claque un bisou sur mes lèvres et sors, me laissant seul avec Georg.

« Dis ... vous êtes ... ensemble ? »
« C'est ma petite femme. Juste ça. On s'aime, c'est tout. C'est plus fort qu'une amante, plus sort qu'une s½ur. »
« Hum ... et ... tu vas comment là ? T'es hospitalisé pourquoi ? »

Je baisse la tête et me mord la lèvre. J'hésite à lui dire la vérité. C'est toujours dur de le dire.
Sa main se pose sur mon avant-bras et son pouce fait quelques va-et-vient. Je prends une grande inspiration et me lance.

« Il ne me reste plus que quelques semaines. Trois au maximum. »

Un silence pesant emplit la pièce. Son pouce a arrêté de bouger et j'attends le pire. Mais au lieu de ça, deux doigts emprisonnent mon menton et me font lever la tête. Ses lèvres se posent délicatement contre les siennes et je m'abandonne à son baiser.
J'ignore ses raisons et je ne les cherche pas. Je savoure juste.

Mes mains glissent sur ses joues et j'approfondis notre étreinte. Les siennes se posent de part en part de mon visage et je sens le lit s'affaisser sur un côté. Son corps s'appuie doucement contre moi, j'ai l'impression qu'il ne veut pas être brusque, comme si il avait peur de me briser.
Ma langue retrace le contour de ses lèvres et lorsqu'il entrouvre la bouche, j'en profite pour aller caresser la sienne. J'halète doucement et, en l'attirant un peu plus contre moi, je sens son désir contre ma cuisse.
Je ne comprends pas comment je peux être attirant, pourquoi tout ça est pour moi. Je remue un peu pour être assis plus confortablement et il gémit dans ma bouche. Je trouve ce son si érotique que mon sexe commence à se réveiller. Mon c½ur bat à cent à l'heure et le sang afflue dans tout mon corps

C'est comme un rêve de gamin, un rêve de prince. Un rêve rempli d'étoiles comme si le ciel de la nuit était venu m'entourer. Un peu comme lorsque enfant, j'aimais rester sous la nuit à regarder les petits points brillants. Un peu comme les souhaits que l'on peut faire en voyant une étoile filante, tout en sachant que cette dernière les emporte pour elle dans son sillon de poudre blanche.
Et pour une fois, il se réalise.
Son odeur de musc m'enveloppe et je plonge avec joie dans un tourbillon de sensations. Les couleurs de l'arc-en-ciel se mélangent et c'est comme dans les grosses sucettes des fêtes foraines. Goût sucré, saveur intense et acidulée ... j'aime ça.

A bout de souffle, Georg se détache de mes lèvres. Une de ses mains se pose sur ma joue et le revers de ses doigts la caresse.

« Je sais pas pourquoi, mais je me sens bien avec toi. J'ai envie d'être avec toi. » Me murmure-t-il.

Je ferme les yeux et appuie un peu plus mon visage contre sa paume dans une recherche de plus de contacts. Mes lèvres rencontrent sa peau et je dépose quelques baisers sur le bout de ses doigts.
Mon rythme cardiaque ralentit et je retrouve un souffle régulier et calme.

« Je peux te prendre dans mes bras ? »

Sa demande est presque inaudible. Je rouvre les yeux et vois son regard timide me faire face. Je me décale un peu sur le côté et lui sourit, sourire qu'il me rend au centuple. Son corps s'allonge à côté du mien et son bras gauche passe au dessus de mes épaules pour me rapprocher et me serrer.
Je bascule un peu sur le côté pour me blottir contre lui et pose mes mains sur son torse, alors que mon visage se calle dans le creux de sa clavicule.

« Dis, je savais pas que t'étais gay. » Dis-je. « On en entend pas parler. »
« En fait je suis bi. Et on a décidé avec le groupe que l'on ferait comme si j'étais hétéro. Pas envie d'avoir des homophobes qui me courent après, y a assez des antis TH. »
« Hum ... Dis, ça veut dire quoi quand t'es en monde “G” ? J'ai pas compris. »

Son rire cristallin résonne et je me plais à l'entendre. C'est comme un écho de la chanson du bonheur, comme des notes de toutes les couleurs, des notes parfaites pour un hymne.

« C'est un code entre nous. “G” pour gay, gars et “F” pour femme, fille. Au moins on se comprend sans en dire plus et dévoiler ma sexualité. »
« D'accord »

Je cache un bâillement et ferme lentement les yeux. Sa chaleur m'entoure et m'apaise. J'ai un corps contre qui me laisser aller. Un corps réconfortant, agréable, un corps que je ne pensais pas revoir avant la fin de ma vie. Ce n'est pas comme lui, mais c'est toujours ça. Oh oui, lui c'était mieux encore, et je l'aimais, comme un fou. Je l'aimais ...




[...]



Je papillonne des yeux et grogne. Mon bras retombe lourdement sur mes paupières entrouvertes, le soleil m'aveuglant. Je cherche dans mon cerveau quand est-ce que je me suis endormi. Les souvenirs reviennent et je me demande d'un seul coup quel jour on est.
A tâtons, je cherche mon portable. Lorsque je lis la date sur l'écran, je me rends compte que je viens de dormir plus de quinze heures à la suite. Georg m'a bercé et depuis je n'ai pas ouvert l'½il. Ça m'étonne même que rien ne m'ait réveillé.
Je me lève et vais dans la salle de bain pour me faire un brin de toilette et soulager ma vessie.

« Tomas ? »

Ah ! Le personnel soignant arrive enfin pour les soins du matin.

« J'arrive. »

Je me rince le visage et reviens dans la chambre. Comme chaque matin, on me prend la tension, la température, on me pèse et tout pleins d'autres choses qui deviennent lassantes. Puis mon petit-déjeuner arrive et je grignote tout juste. L'appétit n'est pas là de toute façon. C'est alors que je remarque un papier posé sur ma table de nuit. Un papier qui n'était pas là avant. Je l'attrape et découvre un mot de Georg.

« Pardon Tomas.

Tu t'es endormi et j'ai dû partir. Je voulais pas te réveiller, tu semblais être très fatigué.
Je reviendrais demain ... enfin si tu veux bien de moi. Je ... non laisse tomber.

Bis
Georg »

Je souris en relisant son petit mot et le repose à sa place initiale. Il me tarde qu'il arrive. Je décide de me détendre un peu en écoutant mon mp3. Mais j'ai à peine eu le temps d'allumer ma musique qu'une tornade rentre dans ma chambre.

« Bonjour Lapinou !! »

Voilà ma petite femme qui vient d'arriver, et très en forme.
Elle m'embrasse de partout, s'attardant sur mes lèvres.

« Je suis repassée hier en fin d'aprem mais tu pionçais comme un gros bébé, hein mon bébé. Et en plus t'étais dans les bras de Georg, c'était trop chou !! Un vrai petit couple. »
« Je le comprends pas. Je suis malade, je vais bientôt partir et lui reste. Il cherche quoi ? J'ai peur qu'il m'utilise pour je ne sais quoi. »

Je serre les draps blancs entre mes doigts, les tordant.

« Parle s'en avec lui. Si tu dis rien il pourra pas deviner. »
« Ouai je sais. »

On se met à parler de tout et de rien. On profite de nos derniers instants. Parce que après ça, il n'y en aura plus jamais. Tout ça s'effacera comme de la craie sur un tableau. Un revers de main, et la page est tournée, on m'oublie. Et ce n'est pas plus mal au fond.
Je ris, elle aussi, mais dans nos yeux on peut lire tout l'amour que l'on se porte.
Au bout d'un certain moment elle se retrouve dans mes bras, ses doigts retraçant des arabesques sur mon torse.

Puis l'on toc à la porte et je vois l'interne entrer avec un fauteuil roulant.

« Bonjour Tomas. Comment tu vas ? »
« Je fais avec. » Marmonne-je.
« Je viens de regarder tes examens de la veille et ... je vais te demander à partir d'aujourd'hui, de te déplacer en fauteuil roulant. C'est trop dangereux à pied. Dans ton état ça peut être fatal. »

Il l'avance à côté de mon lit et me demande si je veux m'y asseoir. Je tourne la tête et enfoui mon visage dans le cou de Nat-Jun. Ce n'est pas assez, il faut que cette saloperie s'acharne encore plus sur moi. Mais je m'en doutais, je sentais que bientôt, me déplacer tout seul, relèverait du miracle.
L'interne sans va et c'est dans les bras de ma princesse que je trouve le courage de me battre encore.

Je reste toute la matinée avec elle, parlant beaucoup, de nous, d'elle, et de moi. On parle de nos rêves, de nos futurs qu'on aurait aimés voir. Nos futurs ensembles. C'est si bon d'être avec elle.
Mais toute chose à une fin, et c'est encore plus horrible quand le moment est bon. Nat-Jun doit partir pour aller travailler et ne pourra pas revenir avant demain.
Baiser d'au revoir, pas d'adieu, j'ai promis d'être encore là demain. Ses lèvres contre les miennes, sa chaleur qu'elle m'insuffle, c'est comme ça que je l'aime.

Vers midi, le repas arrive, et encore une fois, je grignote. Plus rien n'a de saveur, plus rien n'a de goût. Je me sens juste vide. Un corps qui attend le souffle de la mort ... le souffle qui se posera sur mes paupières et les fermera à jamais. Les couleurs sont fades, les goûts sans saveur, les sons inintéressants, les images puériles ... et je me sens sombrer dans l'abysse de mes peurs et doutes.
Parce que vivre ne résume à rien maintenant. Parce que je ne suis déjà plus là. Mon corps souffre et la morphine n'est même pas libératrice. Juste assez pour me laisser en paix quelques instants, car la douleur revient à la charge, après, encore une fois. Tout ça car j'ai fait le con, je suis un con. Parfois j'aurais préféré être comme tout le monde pour ne pas vivre ça. Mais je n'y peux rien, c'est moi. Et puis si je n'avais pas été ce que je suis, je n'aurais peut-être pas rencontré tous ces gens formidables ... tous ces gens et lui.

Lui que j'aime.
Lui qui m'a rendu tellement heureux.
Lui qui est partit il y a presque un an.
Lui que je vais bientôt rejoindre.

Une nausée me prend et je sens mon corps commencer à trembler. Une énième crise arrive. Je ne cherche même plus à lutter, ça ne sert strictement à rien.
Je m'allonge complètement dans mon lit, recouvrant mon corps difforme du drap et ferme les yeux. Directement mes doigts se portent sur mon torse et caressent toujours cette même tache. Je viens de passer des heures avec elle mais ce n'est pas encore assez, ça ne le sera jamais.

Pourquoi tout est si compliqué dans ce monde ? Ne peut-on pas nous foutre la paix et nous laisse vivre en paix ?
Il faut toujours qu'une merde nous tombe dessus et gâche tout. C'est comme une bombe qui nous éclate à la figure et ravage notre visage d'enfant.
Douleurs, pleurs, désarroi, tout s'enchaîne et nous plonge dans un abîme infernal. On pourrait même croire que l'enfer est plus doux que tout ça. Que faut-il faire pour supprimer tous ces maux ?
Se battre ? Lutter ? On n'est pas assez fort. Surtout quand on sait que c'est nous-même qui avons créé toutes ces horribles choses qui nous rongent à petit feu. On dirait bien que la création a dépassé le créateur. Et maintenant ?
Eh bien il ne nous reste plus qu'à regarder, à voir les êtres aimés tomber les uns après les autres, souffrir et subir des tortures.
Moi, c'est ce que voit les autres tous les jours en venant me voir. Et je déteste ça parce que je suis impuissant. Même le plus beau sourire du monde, même le plus beau rire, même le plus beau mot ou le plus regard, ne peut empêcher la mort de m'enlever. Je n'ai plus qu'à tendre la main et attraper celle de mon amour pour le rejoindre.

Ma vue se trouble et je sens les prémices d'un sanglot arriver. Le petit enfant que j'étais n'est pas mort. Ses pleurs sont toujours là, en moi. Parce que même si l'on grandit, que l'on devient un homme, le petit être que l'on était reste toujours en nous, quelque part. On ne peut se détacher de son enfance et des souvenirs qui vont avec. Douloureux, rouges ou bleus et perdus dans un océan salé.
La crise d'angoisse sa fait plus forte et je réprime une larme. Tout se mêle et s'emmêle, mon bon et mon mauvais passé. Soleil et orage, jour et nuit, enfance et présent, joie et malheur. Mon c½ur s'emballe et la douleur devient lancinante. Une infirmière arrive et me donne une dose de morphine.
Faites que ça agisse vite. Je ne demande pas grand-chose, juste ne plus avoir mal. Je n'ai jamais rien demandé d'extraordinaire. Pas de gloire, pas de richesse. Juste un peu d'amour et du bonheur. Mais je crois que c'était déjà trop vouloir. J'en ai bien eu, un peu. Mais trop peu par rapport à tout ce qui m'est arrivé à côté.
Je tente de chasser d'un revers de main, avec une grosse bourrasque, les moments de tristesse, pour laisser la place à ceux heureux. Je ne veux me souvenir que de ceux là. Après tout, ce sont les plus importants.

Je serre les dents et me mords la lèvre si fort qu'un goût métallique emplit ma bouche. Sang que je hais, sang de ma déchéance, de ma honte. Sang que je ne voudrais plus voir et faire redevenir rouge scintillant. Car à mes yeux il est devenu noir ... couleur identique de ma vie. Sang noir, sang sans sens, sens de sang, sans sang ...

Soudain je vois la porte s'entrouvrir et une tête avec des cheveux mi-longs, passer par l'entrebâillement.

« Coucou. Je peux ? »

Georg rentre dans la chambre suite à mon signe de tête. Je tremble encore un peu et je baisse le regard. Que je me déteste ainsi.

« Comment tu vas ? » Me demande-t-il
« Comme d'hab. » Je grogne.
« Tu ... tu veux que je parte ? »
« Non ! Reste ... s'il te plait. »

Il me sourit et s'assoit sur le lit, sa main rejoignant la mienne pour enlacer nos doigts. Il la porte à son visage et la frotte doucement dessus avant d'embrasser l'intérieur de mon poignet.

« Je sais pas ce qui m'arrive. Je comprends pas pourquoi et à vrai dire j'ai pas envie. Mais ... je me suis attaché à toi. » Finit-il dans un souffle.

Je retire ma main et fronce les sourcils.

« Tu ne devrais pas, je vais mourir. Pourquoi tu viens me voir ? T'attends quoi de moi ? Tu fais ta B.A de l'année, c'est ça. Tu donnes de temps si précieux à un pauvre mec comme moi qui va bientôt mourir. Ça fera bien dans les journaux, hein ? » M'énerve-je.
« Personne n'est au courant que je viens te voir. Hier quand je suis rentré, Gustav m'a demandé où j'étais et j'ai rien, je te le jure. Et puis si je faisais ce que tu dis, il y aurait des journalistes qui auraient déjà envahi ta chambre. »

Il colle son front au mien et plante ses iris dans les miens.

« J'aime bien être avec toi. Je ne me l'explique pas et ça me suffit comme ça. Tu as ... je sais pas. Un quelque chose en toi que j'aime. » Me souffle-t-il, l'air chaud caressant mes lèvres. « Mais si tu veux que je parte, je le ferais. Demande-le moi. »
« Pardon. »

Je comble l'espace entre nos visages et tire sur sa lèvre inférieure avant de la suçoter. Mes peurs sont tellement puériles parfois ...
Je sens son sourire et je l'attire un peu plus contre moi, mes mains se posant sur ses fesses pour l'attirer vers moi.

« Pardon de m'être endormi hier. » Dis-je entre deux baisers.
« Pas grave, je comprends. »

Sa main droite s'accroche à mon épaule et glisse sur ma nuque. Il appuie dessus, enfonçant d'avantage sa langue dans ma bouche. Quand à la gauche, elle glisse sous ma blouse et caresse ma peau. Je frissonne, ressentant le désir naître en moi. Ses doigts s'amusent à retracer mon nombril et descendent un peu en dessous ... je gémis son prénom dans sa bouche.

« Attend. »

Je le vois s'écarter de moi, se redresser et retirer sa veste avant de venir se positionner un peu plus sur moi. Immédiatement ses lèvres se recollent aux miennes et ses mains se reposent sur mon ventre. Avec une de mes jambes, j'entoure sa cuisse, mon tibia venant cogner contre son sexe.

Je rêve ...

Il commence à se frotter contre moi et son souffle devient de plus en plus erratique. Sa bouche dérive dans mon cou, sa langue mutine vient se loger derrière mon lobe droit et ses dents mordillent ce dernier. Mes doigts se crispent dans ses cheveux et je tire dessus pour lui faire relever la tête et l'embrasser ... encore et encore, jusqu'à ne plus avoir d'air.
Mon corps se tend, mes muscles se contractent, ce sont les débuts de l'envie. Je commence à donner des coups de bassins, faisant rencontrer nos membres durcis, à travers nos vêtements. Je relève les jambes et Georg se glisse entre elles. Deux coups sourds m'indiquent qu'il vient de retirer ses chaussures et qu'elles sont tombées au sol.

« Merde. » Jure-t-il en levant son bras droit.

Il se recule un peu et grogne. Son bras s'est légèrement emmêlé au fil de la perfusion. Précautionneusement, il se dégage et refond sur moi en happant ma pomme d'adam entre ses lèvres pour la suçoter. Mes mains descendent dans son dos et je serre ses fesses entre mes doigts, tout en le plaquant contre moi. Mes jambes s'enroulent autour des siennes et je donne un coup de rein en me cambrant fortement.

« Han, putain Tomas. » Marmonne-t-il en posant ses mains sur mes hanches, ses pouces faisant des va-et-vient sur ma peau découverte.

Je souris, satisfait de sa réaction, du plaisir que je provoque chez lui et tente de recommencer. Mais sa prise est bien trop forte et je n'y arrive pas. Cette fois, c'est lui qui esquisse un sourire, vainqueur.
Alors je glisse ma main le long de son flan, m'attarde un peu au niveau de son aine, et finis par poser mes doigts sur la bosse qui déforme son pantalon. Je ne bouge pas, c'est à peine si j'exerce une pression dessus. Je veux juste que se soit le meilleur possible pour lui.
Mon regard dérive sur son érection et je souris.

« T'es dur. »
« Hum ... bouge là. »
« C'est pour moi ? »
« Oui ... ou ... »

Il essaye de se frotter contre ma main mais je l'en empêche. C'est moi qui mène la danse.
Lentement, je fais sauter le bouton et baisse la fermeture éclair. Son boxer est déjà humide et chaud. Je ne pensais pas qu'il était excité à ce point.
Petite caresse, puis un peu plus appuyée, son sexe pulse entre mes doigts alors que je les passe à l'intérieur de son sous-vêtement. Commence des va-et-vient lents, longs. Georg gémit dans mon cou, s'agrippant à mes épaules, tordant entre ses doigts la blouse ... si fort que les boutons pression à l'arrière se décrochent. Le haut de mon torse se dévoile et il en profite pour y déposer quelques baisers. Mes mouvements s'accélèrent et sa hampe grossit encore.
Une explosion entre nos ventres éclate, son sperme jaillissant dans ma main. Essoufflé, il se laisse aller contre mon corps. J'essuie ma main sur les draps, pendant que l'autre masse son crâne.

Mon regard se porte sur l'heure et je sursaute en me rendant compte que j'allais rater la prise de mon traitement. J'essaye de me relever mais avec un poids sur moi, ce n'est pas facile. Heureusement qu'il s'en rend compte et prend appui sur ses coudes. Ma main droite se tend vers la petite table et j'attrape la boite avec ma dose. Les cachets glissent dans ma gorge, un goût désagréable se répandant dans ma bouche.
Je me re-concentre sur Georg qui me fixe.

« Dis. T'as pas ... je peux ... ? » Demande-t-il, tandis qua sa main caresse l'intérieur de mes cuisses.
« Non, laisse, c'est bon. Je ... crevé. »

Ses lèvres m'embrassent et il se lève pour aller dans la salle de bain. Le sommeil commence à me gagner lentement. Je ferme les yeux et les sons s'éloignent progressivement de moi. J'entends juste la porte de la salle de bain se rouvrir et je sens une caresse sur ma joue. Je ronronne un peu et m'endors paisiblement, une étrange chaleur m'entourant.




[...]



La semaine qui vient de se dérouler ne fut pas si horrible que je l'aurais cru, et cela grâce à la présence de ma petite femme et de Georg. Je les ai vu chaque jour, parfois ensemble, parfois séparément, mais toujours quelqu'un avec moi. Mon père est aussi venu avec sa femme qui a le ventre encore plus gros que la dernière fois. C'est agréable de savoir que deux petites vies grandissent en elle. Et qui sait, ces enfants auront peut-être une meilleure enfance que moi, j'espère.

Désormais je sors toujours avec mon fauteuil. De temps en temps, on le pousse pour moi mais je n'aime pas ça. J'ai l'impression d'être un incapable.
Georg et Nat-Jun ont beaucoup sympathisé et j'ai eu son avis personnel sur lui. Elle le trouve très protecteur avec moi. Elle pense qu'il est en train de tomber amoureux de moi. Mais je ne veux pas. Je refuse de lui briser le c½ur. Déjà, parce que moi, je ne peux plus tomber amoureux, et qu'en plus ma santé se dégrade énormément de jour en jour. Je ne pense pas que je tiendrais les deux semaines qu'il me reste, soi-disant. Je prends de plus en plus de morphine et suis de plus en plus fatigué. Mes crises d'angoisse sont plus longues et douloureuses. Le cancer s'étend encore, touchant maintenant le foie. Parce qu'il faut savoir qu'on ne meurt pas du SIDA en lui-même, mais des maladies que l'on attrapent à cause de lui, vu que les défenses immunitaires se détruisent.
J'ai encore perdu du poids et je n'ai plus que la peau sur les os. Hier, quand je me suis regardé dans la glace, j'ai vu un monstre. Des cernes immenses sous les yeux, la peau transparente, blanche et les vaisseaux apparents, mes traits tirés et les yeux fatigués ... un zombie. Je n'ai même plus mes étoiles dans les yeux. Elles sont déjà mortes, preuve que la fin est imminente.

Je m'allonge dans mon lit, ma tête retombant lourdement sur l'oreiller. Georg embrasse ma tempe et passe une main fraîche sur mon visage.

« Repose-toi. »

Je ne comprends pas pourquoi il reste avec moi. Il continue de m'embrasser, de veiller sur moi. Il me fait rire en racontant des anecdotes de tournée. Ses yeux pétillent toujours et encore plus lorsque je souris. Peut-être qu'il est vraiment en train de tomber amoureux de moi, comme le dit Nat-Jun.
Il me rejoint dans le lit et pose légèrement sa tête sur mon torse. Ses doigts redessinent mes pectoraux et je soupire d'apaisement.

« Tomas ... je. ... Tu sais que Bill est encore hospitalisé et ... je t'avais dit que Tom dormait avec lui, il avait eu un lit accompagnant. »
« Hum. »
« Eh bien j'ai ... j'ai demandé à Tom si ... je pouvais ... dormir à sa place cette nuit. Il a accepté. »
« Super. » Souffle-je en essayant de chasser le mal de tête qui arrive.
« Euh ... je crois que t'as pas compris. Tu sais, à force de disparaître tous les jours, pendant plusieurs heures, ils ont compris que je voyais quelqu'un. J'ai pas dit que c'était toi, je veux pas que les journalistes l'apprennent, on sait jamais. »

Il s'arrête un peu, semblant chercher ses mots.

« Et si j'ai demandé à Tom sa place ... c'est pas que je veuille dormir avec Bill. Mais ... avec toi. »

Je baisse brusquement la tête et cligne des yeux.

« Moi ? »

Georg se redresse et me fait face, son visage proche du mien.

« Oui. Mais si tu ne v ... »
Je le coupe. « Comment ? »
« Eh bien, je serais venu te rejoindre dans la nuit, vers les minuits, je sais pas. Tu vois genre l'opération camouflage pour pas me faire capter par les équipes de nuit. Je serais rentré dans ta chambre et je t'aurais rejoins dans ton lit. On aurait pu passer une nuit ensemble au moins. »
« Ce soir ? »
« Hum, hum. » Acquiesce-t-il.
« Frappe pas en rentrant. »

Il me sourit de toutes ces dents et m'embrasse un peu sauvagement sur le coup, avant de calmer le baiser et de le rendre plus doux.

A l'heure des fins de visite, il part, comme à chaque fois. Mais cette fois il y a la promesse de se revoir plus tôt. Les heures passent, et après le repas, je m'endors à cause de ma dose de morphine.
Pour la première fois depuis que je le connais vraiment, je rêve de lui. Un rêve très débile où il fait l'idiot sur scène mais je rêve de lui et je vois bien dans son regard toutes les étoiles qui me sont destinées.
Une main me secoue et j'entends mon prénom au loin.

J'ouvre un ½il et croise aussitôt le visage de Georg penché au dessus de moi. Je me décale un peu dans mon lit tout en émergeant doucement. Le matelas s'affaisse et je sens sa chaleur caractéristique m'envelopper.

« Rendors toi. » Me susurre-t-il.

Mais il s'avère que je n'ai pas ça pour projet. J'ouvre complètement les yeux, et, rapidement, je me retrouve à quatre pattes au dessus de lui. Ses prunelles me détaillent, surprises. Mes lèvres s'étirent en un sourire taquin et je me penche pour ravir ses lèvres entre les miennes. Immédiatement ses mains se posent sur mes cuisses, les caressent et finissent par remonter sur mes fesses. Ses doigts agiles les pétrissent lentement et sa langue étouffe mon gémissement en rencontrant la mienne.
Malicieusement, les yeux ouverts, je m'assois très lentement sur son bassin, mes fesses frôlant sa virilité. Je bouge un peu et ses mains essayent de me rapprocher de lui. Pas encore ...
Je glisse mes mains sous son t-shirt, griffe la peau presque imberbe et les remonte doucement, emportant avec moi son haut. Il arrive finalement à m'attirer à lui, ses doigts faisant pression sur ma nuque. Nos lèvres se touchent et s'épousent parfaitement dans une danse qui nous est propre. Je me détache de lui quelques secondes, juste le temps de faire passer son t-shirt par-dessus sa tête et m'étale complètement sur lui, collant nos corps.
Je sens dans mon dos les boutons pressions sauter et la chemise glisse le long de mon corps.

« Tu sais que c'est très pervers ces trucs. » Me chuchote-t-il. « Avec l'arrière complètement ouvert ... au niveau des fesses ... » Ses mains se plaquent sur les miennes. « Ça donne pleins d'idées ... hum ... alléchantes. »

Alors que je m'attaque à son pantalon, me bataillant avec la ceinture, je réponds :

« Ouai, celui qui les a imposé devait être très pervers. »

Je tire sur son pantalon, l'ouvrant complètement. Georg gesticule, se cambrant pour que je le lui retire complètement, ce que je m'empresse de faire. J'en profite pour retirer son boxer en même temps. Alangui, le souffle court, il est horriblement excitant.
Je donne un coup de bassin alors qu'il enroule ses jambes autour de ma taille.

« Putain j'ai envie de toi. » Marmonne-t-il.

Je niche mon visage dans son cou, humant son odeur de musc. Son sexe se frotte contre ma cuisse, continuant de grossir. Mon pantalon est tellement fin que j'arrive à sentir les moindres détails, comme si sa virilité me touchait à même la peau.

« Moi aussi. » Souffle-je.
« Mais on ... enfin avec ta ... c'est pas ? »

Je me redresse et plante mon regard dans le sien.

« Si on se protège tous les deux, non. Enfin normalement mais si ... »
« Je te fais confiance. »

Ses mains se posent sur mes joues et il m'embrasse d'un seul coup.
Il ... me ... fait ... confiance ? Je cligne des yeux, réalisant vraiment ce qui se passe. Je suis tellement surpris que je ne réponds pas à son baiser. J'entends juste ses derniers mots résonner dans ma tête.
Je souris, me détache de sa bouche et commence à descendre sur son torse. Je veux tout faire pour qu'il se souvienne de notre unique fois. Je veux le faire crier et tant pis si ça réveille tout l'hôpital. Je veux qu'il me supplie et qu'il jouisse en pensant que c'est le plus bel orgasme de sa vie.

Lueurs dans les pupilles dilatées, sueurs perlant sur la peau diaphane ou bronzée, souffles erratiques, saccadés, chargés d'humidité ... le désir monte en nous à une vitesse fulgurante. Ma langue trace des sillons de salive sur son torse. Je redessine ses pectoraux et ses abdos ressortant légèrement, ne descendant pas plus bas et évitant soigneusement de toucher le point chaud, bouillant, entre ses jambes.

« Tomas. »

Il donne des coups de bassin dans le vide, n'arrivant pas à assouvir cette envie en lui. Ses mains, posées sur ma tête tentent de me pousser plus bas.
Après plusieurs suppliques, j'accède à sa requête et me retrouve face à son membre rougi par le sang. Mon souffle le caresse et je vois la chair de poule naître sur tout son corps. Mon regard croise le sien et je n'arrive plus à en décrocher. Il est si beau, offert, nu, devant moi, pour moi. Je me lèche les lèvres d'anticipation, et, ma langue vient titiller le bout de son gland, juste dans la fente.
La réaction se fait immédiate, sa tête partant en arrière, ses jambes s'écartant ... son corps se cambre. Je pars de la base de son sexe et remonte tout le long, tandis qu'une de mes mains vient malaxer les bourses. Ses doigts, rugueux de jouer de la basse, appuient sur ma tête et ma nuque, massant cette dernière par moment.
Je continue de faire rouler ses bourses dans ma main et l'autre vient rejoindre ma langue, montant et descendant sur sa hampe dressée.

Puis, d'un seul coup, sans prévenir, je le prends complètement en bouche, l'enfonçant le plus profond possible. Mes joues se creuses et j'aspire son sexe.
Ses doigts me lâchent pour aller s'entortiller aux draps, si fort que ses jointures deviennent blanches.
Sa chair pulse contre mon palet alors que je fais des va-et-vient lents. Par moment j'accélère, mais sans jamais aller trop vite. Je ne veux pas qu'il vienne comme ça. J'ai envie de le voir me désirer complètement, totalement.
Ses gémissements emplissent la chambre et je m'étonne de ne pas avoir encore vu les infirmières. Mais je ne vais pas m'en plaindre.

« To ... To ... mas. »

J'arrête brusquement ma fellation et remonte l'embrasser aussitôt. Baiser sauvage, passionné avec le goût de son sexe sur nos lèvres. Soudain, je sens de l'air froid sur mes jambes et me rends compte que ses mains s'évertuent à faire glisser mon pantalon. Dès que nos virilités nues rentrent en contact, j'étouffe un cri dans son cou, mordant la peau pour y laisser une marque rouge. Sous moi, Georg recommence à bouger et le désir monte par vagues de plaisir. A tâtons, je cherche la table de nuit et ouvre le tiroir pour en ressortir deux préservatifs.
Je me redresse et lui en donne un. Assis sur ses hanches, nos entrejambes se frôlant par moment, je le dévisage et fais passer toute mon envie par mon regard, envie que je lis aussi chez lui.

Il ouvre le petit sachet et s'approche de mon sexe. Précautionneusement, il le déroule dessus. Puis je fais pareil sur lui. Je tremble un peu, anxieux de transmettre ma maladie. Et, comme si il voyait le trouble en moi, sa main vient caresser ma joue tendrement et ses lèvres se posent chastement sur les miennes.
Nous sommes assis dans le lit, le drap est tombé par terre et l'oreiller n'en n'est pas loin. Comparé à la fougue qui brûlait entre nous, cette fois, notre échange est doux, tendre.
Sa langue dérive vers mon cou puis mes oreilles qu'il lèche avec avidité tout en les mordillant. Ses doigts glissent sur mon torse, jouant un peu avec les tétons avant de descendre caresser le dessous de mon nombril. Je me mets à bouger sur lui, faisant s'entrechoquer nos sexes. Les quelques minutes d'accalmies disparaissent le besoin de me soulager se fait impérieux.

« Attend. »

Sa main se pose sur mon torse pour me stopper avant de glisser sur mes hanches, rejoignant l'autre. Il me soulève et recule en même temps.

« Allonge-toi. » Siffle-t-il entre ses dents.

Je lui obéis, en profitant pour remettre le coussin sous ma tête, avant qu'il ne rejoigne nos vêtements par terre. Georg s'allonge entre mes jambes que j'écarte pour l'aider.

« Tu es vraiment beau. » Dit-il alors que sa main parcourt ma gorge.

Elle remonte sur ma mâchoire et deux doigts m'ouvrent la bouche. Il retrace le contour de mes lèvres alors que son regard débordant de désir me transperce et qu'il donne de petits coups de bassin.
J'happe ses doigts entre mes lèvres, ma langue s'entourant autour et les suçant avidement. Tout à m'appliquant à ma tâche, je pousse de petits cris rauques, et je vois à son visage que ça l'excite.
Assez mouillés, les doigts descendent au niveau de mon intimité. L'un d'eux tâtonne à l'entrée, la massant légèrement, avant de s'enfoncer. Les deux premières phalanges passent et je le vois scruter mon visage. Je donne un coup de bassin pour qu'il aille plus profondément et après quelques mouvements, un second vient en moi. Ses doigts bougent et je commence à en vouloir plus. Je me tords dans tous les sens et gémis.

Georg les retire et en voyant son sexe s'approcher de mon intimité, je grossis d'anticipation. Lentement, il rentre en moi et une petite douleur naît au niveau de ma chute de rein. Il attrape mes jambes et les pose sur ses épaules pour mieux me pénétrer. Ses cuisses viennent claquer contre mes fesses, signe qu'il est entré jusqu'à la garde.
Son visage se rapproche du mien et il me demande avec difficulté si ça va. J'attends quelques secondes puis je commence à bouger et acquiesce.

Un premier coup de rein arrive, début d'une promesse de plaisir. Puis un autre et encore un. D'abord lents, et de plus en plus rapides et brutaux. Son visage se niche dans mon cou et je sens son souffle contre ma peau ... ça m'électrise.
Le lit grince et bouge malgré que les roues soient bloquées. Le fil de ma perfusion ne fait que taper contre le fer du pied, dans un rythme identique à ses entrées et sorties. L'oreiller s'est finalement fait la malle et les draps recouvrant le matelas tente de le rejoindre.
Je me cambre au maximum, en voulant encore plus. Mes mains trouvent refuge sur ses fesses et j'appuie, le voulant encore plus en moi.
Le regard voilé, la bouche entrouverte, l'extase est là. Il touche ma prostate et je me mets à gémir bruyamment. Les sons résonnent dans la chambre. Ses mains se posent dans mon dos et m'attirent vers lui. Je me cambre comme jamais et me relève avec quelques difficultés. Quand je suis enfin assis sur ses cuisses, je passe mes bras autour de son cou et me laisse aller contre lui. Les coups ralentissent un peu, me permettant de récupérer. Avidement, je cherche sa bouche et l'embrasse avec fougue. Je bouge un peu, faisant tourner mon bassin, sans le soulever vraiment.
Nos langues se caressent tandis que ses mains attrapent mes hanches et les soulève. Recommence nos va-et-vient. Parfois c'est lui qui mène la danses, parfois moi. Mais j'ai tendance à lui imposer le rythme que je veux. Je le fais languir tout en serrant mes muscles autour de sa verge.
Il halète dans ma bouche et il se met à caresser ma cambrure. Je monte et redescends à une vitesse effrénée. Je sens son sexe grossir, pulser, prêt à éclater. Mais j'ai décidé que ça durerait le plus longtemps possible. Et au lieu de me baisser, je continue à me lever pour qu'il se retire complètement de moi. Ses yeux s'agrandissent et il gémit de frustration. Content de mon effet, je m'agenouille, dépose un bref baiser sur ses lèvres rouges tout en passant un doigt sur sa virilité avant de me retourner à quatre pattes. Je me cambre bien et lorsque je sens ses doigts se poser sur mes fesses, je gémis fortement.
Seulement ce n'est pas son sexe que je sens cogner contre mon entrée, mais un souffle chaud, et un nez. Je comprends alors ce qu'il va faire et je laisse tomber mon torse contre le matelas, me retrouvant dans une position encore plus excitante. Sa langue vient caresser la raie de mes fesses et remonte le long de ma colonne vertébrale ... très lentement.

« Oh putain !! »

Il vient d'arriver au niveau de mon oreille et il s'en donne à c½ur joie. Le sang boue dans mon corps, je n'en peux plus. Je veux encore le sentir en moi, s'enfoncer en moi, quitte à me déchirer de l'intérieur. Je remue les fesses et pousse de lourds gémissements alors qu'il me pénètre à nouveau. Et que et le sang parcourt tout mon corps ... à m'en imploser le c½ur, à m'en exploser le c½ur. Immédiatement ses doigts s'enroulent autour de ma hampe et impriment un mouvement de bas en haut. Et c'est beau comme ça, c'est bien, c'est bon.
Tout comme je le voulais tel que je l'espérais. Avec lui c'est presque parfais. J'aurais peut-être pu tomber amoureux de lui avec le temps ... temps que je n'ai plus. Temps qui coule entre mes doigts et que je n'arrive pas à retenir. Il est déjà trop tard pour dire non. Les histoires touchent à leur fin, le générique est lancé, et bientôt l'écran deviendra noir avec ce grésillement, fond de la machine qui continue de tourner alors qu'elle ne sert plus à rien.

Devrais-je dire aux gens qu'il faut partir ? Que le spectacle est terminé ? Je ne serais bientôt plus que maquillé comme un rat mort, comme une poupée de chiffon. Encore quelques jours et puis le diable m'emportera ... ou se sera un saint ? Mais ma colère s'arrête à ceci : croyez-vous que j'en sois capable, de crier une dernière fois sur les toits de mon existence et d'en convaincre la mort ... que je me suis simplement perdu ?

Il se retire, me retourne et rentre à nouveau en moi alors qu'une larme coule sur ma joue et que je crie car sa main me fait voir des nuages. Le ciel est voilé, il n'y aura plus jamais d'étoiles, mais je m'en contenterai.
Ses coups de butoirs me donnent le vertige, mon sexe s'érige fièrement entre mes jambes et réclame délivrance.
Je sens que je vais venir, je suis au bord du gouffre de la jouissance, et j'ai envie de m'y jeter comme un ange en danger. Je cris littéralement alors que mon corps tremble et que ses doigts me masturbent. Mais alors que je crois pouvoir libérer toute cette tension, sa main sur moi enroule ma verge et bloque mon orgasme. Je grogne et siffle entre mes dents. Je donne de violents coups de bassin pour qu'il m'autorise à jouir, mais il n'a pas l'air de vouloir. Mais je vois bien qu'il n'est pas loin. Son corps est parcouru de spasmes et ses mains se crispent, ses doigts s'enfonçant dans ma peau déjà rougie. Ses mouvements sont désordonnés et soudain je sens son sexe se tendre, une chaleur intense envahissant mon intimité.
Il est si beau quand il joui, je m'extasie. Sa main relâche la pression exercée et je le suis, mes muscles se contractant de toute part. je serre son membre entre mes fesses, accentuant sa moue de plaisir. Des étoiles brillent dans ses yeux, et, même si moi je n'en ai plus, j'arrive encore à en donner aux autres.

Il se laisse tomber sur moi et je grogne. La perfusion tire sur ma peau, manquant de l'arracher, car elle est enroulée autour de bras, passe dans mon dos et ressort je ne sais où. S'en rendant compte, Georg se relève et m'aide à la remettre normalement avant de se blottir contre moi. Mes yeux se ferment, je suis épuisé et je plonge dans un sommeil lourd.



[...]



Un peu de bruit, des idéaux et des conflits. Je me bouche les oreilles, le silence que je voudrais qui règne ne fait pas parti du débat. Silence qui arrive finalement ...et du silence renaît une ère nouvelle, une lumière s'avance. Et le silence qui régnait s'achève. Les chuchotements me crient de rester. Mais je n'ai plus rien à dire.

« Putain il m'a fait peur. »
« To ... Tomas ? »
« Nat-Jun ? » Questionne-je.
« Oui c'est moi bébé. Je suis là, c'est bon. »

Je crois que j'ai failli partir. Le souffle des murmures semblait être devenu des injures criées dans un porte-voix, et je voulais fuir.
Je vois Georg se pencher sur moi et enlever une poussière imaginaire sur mes lèvres. Ou alors il me dit quelque chose que je ne comprends pas.

« Repose-toi. » Me murmure-t-il.

Je ferme les yeux et essaye de trouver le repos

Voilà près de deux jours que je suis dans cet état. Deux jours que je suis une loque. Les quelques moments où je suis réveillé et lucide sont rares et douloureux.
Les souvenirs de ma nuit torride avec Georg me reviennent. Après plus d'une heure de plaisir, je me suis endormi, épuisé. Au matin, quand les infirmières sont arrivées, le réveil a été quelque peu mouvementé. Il faut dire aussi que l'on était tous les deux nus et sans rien pour nous recouvrir.
L'une d'elle a crié sur le coup et l'autre a rigolé. Elles sont vite retournées dans le couloir, gênées en riant un peu, nous laissant émerger tranquillement. Après quelques baisers échangés, Georg s'est levé, rhabillé et m'a embrassé sur le front avant de disparaître. Ses joues étaient rouges de gêne et il n'arrêtait pas de bégayer je ne sais quoi sur le sexe dans les hôpitaux.
Quand ma princesse est arrivée, elle a vite été au courant de cette aventure et on en a bien rit quand même. Surtout avec la tête des infirmières. Les quelques jours qui suivirent tout ça, furent identiques à ceux d'avant. Fatigue, faible appétit, toujours Nat-Jun ou Georg avec moi, et de temps en temps mon père. Et puis tout s'est dégradé ...

Je gémis en serrant faiblement les draps entre mes doigts. L'électrocardioscope bipe, mon rythme cardiaque s'accélérant brutalement. Un infirmier arrive et stoppe le bruit éreintant avec de se tourner vers moi et de poser une main sur mon poignet. Alors qu'il a pris mon pouls, il vérifie la perfusion et repart. La main rêche et tremblante de Georg se pose dans la mienne et la serre doucement. J'essaye de faire de même, en vain.
Jusqu'où puis-je encore aller ? Quelques pas et je crois que je sombre. J'ai marché sur tant de chemins, essuyé la boue sur mes mains car trop tombé, et aujourd'hui j'en suis là. Les eaux roses sont un peu amères, le sucre devient horrible et la lumière vive, agaçante. J'aimerais tant pouvoir vous dire que ce n'est pas encore le moment, et puiser dans les reflets de mon c½ur un peu de souffle. Des rires et des sourires, du temps et des années, des joies et des conneries infantiles ... mais tout ça s'en va, s'achève. Prison de blanc, prison de chair, prison noire, la lumière n'est pas si moche. Et puis je vous embrasse chacun de vous, sur vos joues et vos lèvres rouges, mouillées du sel de vos yeux. Bientôt ...

Les sanglots hurlent dans mes oreilles et je m'accroche à eux. Mais mes mains glissent et je n'arrive pas à rester. Je partirai et je ne garderai que les restes d'elle. Qu'elle se souvienne encore quelques fois de moi et sourit. Tu sais ... seulement vêtu d'elle, j'irais le rejoindre et je lui parlerai enfin. Je ne serais pas totalement nu et l'espoir qu'il ne m'ait pas oublié m'insufflera du courage. Ma petite femme ...

Pourquoi sa main se crispe dans la mienne ? Je l'aimais bien mais il n'a pas à s'en faire. J'aurais peut-être dû lui dire le peu de choses que je savais de nous. Je préférais juste profiter de sa présence inespérée ... encore quelques temps, au plus profond de mon corps. J'emporte aussi sa saveur et son odeur, celle qu'un homme qui m'a fait voir que le bonheur arrivait toujours, même lorsque l'on si attend le moins. Il est juste à porté d'un sourire, d'un mot, d'un ... homme. Et pardon pour le mal que je peux lui faire en le quittant si brusquement. Que j'aime sentir son espoir dans mon corps, espoir qui me pousse à ne pas souffrir.

Il y a comme une odeur étrange dans l'air. Une odeur de bien-être et de mal. Une odeur que j'aime par-dessus tout aussi. Mes poumons se compriment, l'air me manque. Et mon c½ur suit le rythme, s'accélérant alors que mes muscles se crispent. Je voudrais relâcher cette pression ... mais je n'y arrive plus. C'est comme un étau qui se resserre autour de moi et qui cherche à m'étouffer. Même un oreiller appuyé sur mon visage serait plus doux que cette torture. Je gémis de plus en plus fort alors que mes yeux sont exorbités. Les larmes coulent sur mes joues, n'arrivant plus à les retenir. Ce sont des torrents qui mouillent les draps ... et qui sait, laveront peut-être toutes mes fautes. Ou alors c'est le Styx qui m'emporte sur les eaux troubles, un peu roses, du royaume des défunts. La machine à côté de moi s'affole toute seule, alertant Thanatos de mon arrivée. Fanfare de ma marche funèbre, les derniers battements de mon c½ur martèlent mes tympans et me rendent sourd. Crise d'angoisse n'a jamais été si violente.
Mon c½ur semble vouloir se déchirer et mes poumons éclater. Mes pupilles roulent dans leurs orbites et mon corps se tend. J'entends vaguement des voix affolées autour de moi. Des mains se posent sur mon torse mais je ne les sens presque pas. Ma peau semble ne plus pouvoir supporter cette souffrance. Ça crie, ça hurle, mais moi je ne suis plus. Le noir m'envahit et je le sens ... il implose, il explose. Comme une multitude de petits feux d'artifice, tout éclate et plus rien n'est là. Plus de chaleur, mais pas de froid. Juste un cocon agréable, un nuage qui monte très haut, au plus haut, pour me déposer sur du coton blanc. Et je les vois plus bas, bien plus bas, pleurer sur ce que j'étais.




[...]



Eh dis petit garçon c'est beau là-haut ?
Dis petit garçon tu souris maintenant ?
Dis petit garçon, tu as réussi à le retrouver ?
Dis petit garçon, pardon si je pleure encore ... c'est juste que ça fait du bien.

Tu sais petit garçon, je ne t'oublierai jamais. Et puis un jour on se retrouvera, et cette fois je pourrai voir ton visage s'illuminer comme jamais.
Parce que ... je t'aime.


FIN



__________________________


Mot de Sinièn : Ben je t'avoue je sais pas comment tu vas prendre cet Os. J'ai essayé d'être le plus fidèle à toi. Tu comprends maintenant pourquoi je te posais ces questions perverses et que j'en savais autant sur toi.
Je sais que j'ai parlé de choses intimes, de bons et de mauvaises choses ... mais c'est ce qui fait que tu es toi, simplement toi.
J'ai passé plusieurs jours à l'écrire, depuis que je t'ai dit qu'une surprise t'attendait en fait. Parfois même je restais à fixer mon écran, laissant juste le temps couler, imaginant tous ces moments entre Ju" et toi, tous ces moments où tu souriais. J'aurais aimé pouvoir être là. j'aurais aimé te rencontrer ne serait-ce qu'une fois et pouvoir te serrer dans mes bras. J'aurais pu te murmurer les quelques mots que je ne réserve qu'à ceux qui ont une place importante dans mon coeur. "Je t'aime." :$ Je sais que c'est peut-être rapide en sachant que l'on ne connait pas vraiment, mais c'est ce que me je ressens.
Je t'ai fais une promesse, j'espère que j'arriverais à la tenir malgré la distance entre Ju" et moi. Parce que je sais que si je n'y arrivais pas je m'en voudrais énormément.
J'ai encore les larmes qui viennent ... je crois qu'avec Ju" et moi les fabricants de mouchoirs vont faire fortune lol.
Tu sais comment je t'appelle des fois ? P'tit ange. Parce que pour moi c'est ce que tu es. Un p'tit ange. Je sais très bien que toi tu ne te vois pas comme ça, mais laisse les autres voir ce qu'il y a en toi et ne le renie pas. C'est beau d'aimer et d'être aimé, même si ce n'est qu'une seconde dans une éternité. C'est une seconde unique, que l'on chérira toute notre vie. Et moi je te chérirai toute ma vie et même après. Car tu es une chose merveilleuse qui a fait naitre des millions d'étoiles dans tant de regard.
J'espère t'avoir fait rire et pleurer avec cet Os rien que pour toi, qui parle de toi, qui est toi. Que tu gardes le souvenirs de tout ça dans ton coeur et que tu l'emportes avec toi lorsque tu partiras. J'ai vraiment une grosse peur, c'est que tu n'aimes pas, que tu en veuilles à Ju" pour tout ce qu'elle m'a raconté sur toi ... et encore j'ai pas tout mis. Il n'y a pas la fois dans les chiottes du train, où vous vous étiez filmé avec Yohan. C'est tes moments à toi aussi, je veux pas tout soit dévoilé. Je suis un peu égoïste aussi dans ce sens. Je veux les garder pour moi, rien que moi. Comme un secret entre Ju", toi et moi. C'est con mais c'est comme ça.
Je ne regrette pas de t'avoir connu, jamais je ne le regretterai, je te l'ai dit. Parce que avec toi, à travers cet écran, ces mots échangés et ces pixels noir et blanc, je t'ai vu tel que tu es ... beau et magnifique.
Je dis pas adieu, juste au revoir.
D'énormes bisous sur tes joues.

Mot de Nat-Jun : Salut mon petit Lapinou,
Je... J'espère que tu vas bien « rougis », car moi ça peut aller ...
Tu sais j'ai un peu peur de ta réaction fasse à cet Os ... Car il dévoile une partie de toi, de ta vie, de ton entourage et autres. J'avoue que j'ai énormément pleurée en lisant cet Os plus que réel car toi même tu sais pourquoi !! Tous ces dires sont tellement réels, tous ces sentiments sont tellement vrai.
On apprend tout sur ta maladie, ce qui touche ton physique, et ton moral...
Tout « ça », c'est tellement vrai Tommy, tout ce qu'il y a dans cet Os est vrai. Sauf le lemon avec Georg. Rah Georg je ne le regarderai plus comme avant quand tu ne seras plus de ce monde :$.
J'ai demandé à Sinièn de le faire pour te rendre hommage tu vois ... Que tu partes en te remémorant tout ces dires ...
M'enfin j'espère juste qu'il te plait comme il m'a plus 'rougis d'autant plus'...
J'sais pas trop quoi te dire tu sais, j'ai plus trop les mots sur les sentiments que j'ressens pour toi ... A part peut-être que j'ai de la peine de me dire que tu vas me quitter...
Mais bon personne ne peut rien n'y faire, tu me la répété des millions de fois :$...
Bon maintenant j'vais essayer de te dire ce que j'ai sur le c½ur :s..
Tu sais, tous les événements passés ensemble, jamais je ne les regretterai non plus.
Trop de bonheur, de joie, d'amusement et d'Amour passaient entre nous... Maintenant 4 ans qu'on se connaît, mais 3 ans qu'on s'aime réellement ... On a eu une relation ambigu certes, mais pour moi c'était la meilleur relation que j'ai jamais eu ... Tu es bien le seule Homme qui ai su me faire sourire, rire, pleurer autant ... Tu as su toucher l'endroit qui fait que ... J'ai changé ... Malgré nos âges décalés, tu as su me faire mûrir en même temps que toi ... Et je t'avoue que je te remercie pour tout ceci...
Je sais aussi, que je t'en ai fait voir de toutes les couleurs, j'tais souvent blessé, trahi et meurtri sans jamais m'excuser. Enfin si, je te demandais pardon mais c'était pas un pardon sincère. Je te le dis maintenant, pardonne-moi pour toutes mes conneries faites ... J'sais que ... Tu vas bientôt mourir, que j'te demande pardon que maintenant mais sache que le temps m'a rattrapé si on peut dire ça. Toi, en fait tu me conseillais, mais moi je comprenais rien à rien de tout ça. Alors quand fait tu m'aidais à ne pas faire des conneries...
J'avoue aussi parfois que... Je t'ai souvent jugé, alors que toi tu ne m'a jamais jugé ... Jamais pas une seule fois... Alors que moi j't'enfoncais plus bas que terre.
Mais sache que si j'ai fait tout ça, c'est peut-être pour me dire que je ne t'aimais pas aussi fort que je le pensais... J'voulais pas m'avouer que l'Amour que je portais pour toi était aussi puissant... Tu me l'as dit toi même, que si tu n'aurais pas été gay tu m'aurais sans doute demandé ma main, sache que je t'aurais sans doute dit oui sans aucun regret... J'me souviens du moment à la gare... ça me fait mal de me dire que je ne pourrais pas revivre des moments pareils en ta compagnie, qu'à mon mariage tu ne seras pas là pour m'accompagner jusqu'à mon mari... Que tu ne seras pas là non plus, pour mes futurs enfants... J'aurais tellement aimé qu'ils te voient ... Mais non tu pars bien avant tout ça. Bien avant que j'ai ma liberté.
Mais je t'en veux pas, ainsi va la vie comme tu me le dis.
Il y a trois jours tu m'as avoué que tu allais nous quitter dans moins de trois semaines. J'ai encaissé sans rien dire, de toute manière que pouvons nous y faire !?
Rien tu es le seul maître de ton corps, mais sache juste que j'aimerais que tu te battes pour nous.
J'ai envie de voir ta bouille d'ange quand tu me vois t'attendre sur le quai de la gare, j'ai envie que tu me prennes encore dans tes bras en me serrant fort contre ton torse légèrement muscle. J'ai encore envie de m'enivrer de ton odeur particulière, un mélange de Fraise et de noix de coco. J'aime tant ça...
J'ai encore envie de passer des après-midi en ta compagnie pour rire de nos conneries malgré tout stupide mais si importante pour moi...
J'ai envie que tu me murmures tes "Je t'aime" tant particulier, tu es le seul a me faire frissonner en me prononçant ces mots.
J'ai cette putain d'envie qu'on fasse encore l'Amour tous le deux pour ce prouver qu'on s'Aime toujours autant. Bordel Tomas je t'aime si fort... Trop fort... Tellement fort.
Que j'ai le c½ur en sang, en sachant que tu vas partir pour rejoindre le ciel. J'aimerais tellement me dire que tout ceci n'est qu'un cauchemar et que je me réveillerai à tes cotés avec ton petit sourire coquin et si enfantin.
Tout ton être va me manquer au plus profond de mon être...
De plus je n'ai pas énormément de souvenirs de toi.
A part peut-être quelques cicatrices de mes anciennes scarifications que je faisais pour toi, pour me dire que tu n'étais pas loin de moi alors que tu étais a Paris avec ce démon qui est ta mère..
J'espère juste que tu ne souffriras pas trop lors de ton passage entre la vie et la mort mon bébé... J'aime pas savoir que tout souffres à cet instant précis...
Tu m'as demandé de faire des choses pour toi quand tu ne seras plus de ce monde, déjà vivre en t'oubliant, tu le sais. Je ne pourrais jamais t'oublier... Jamais...
De ne pas te rejoindre trop vite... J'suis lâche tu le sais... Donc j'te rejoindrais peut-être plus vite que prévue. Mais on sera heureux peut-être ??
Enfin voilà, tout ça pour te dire que je t'aime fort bébé, et que cet Os n'est rien que pour toi.
Mathilde t'aime fort aussi même si elle ne te connaît que très peu.
Je t'aime Tomas fort... Mon p 'tit c½ur bat que pour toi a présent...
Gros bisous mon bébé...



Tout sa sais pour toi bébé... Je t'aime fort..; TRop sans doute...

# Posté le mardi 17 juin 2008 11:01

Bonjours a vous,

Je m'escuse de n'avoir mis aucunesmise a jours depuis maintenant 1 ans, mais beaucoup de chose on changer...
déjà Tomas sais fais passer pour mort pendant bien 5 mois aux yeux de tout le monde c'est deja en partis pour cela que je n'est pas mis de suite... Mais bon il est toujours parmis nous avec cet foutus maladie qui le ronge toujours...Cetfiction je n'arrive plus a l'écrire tropde soucis de santé moral je n'est plus la force d'écrire. Puis sans vousmentir je commancais a ma lasser de Tokio Hotel, car une amie ma fais la critique de comparer mon meilleur amie a ces trucs comme le dis si bien.. Donc j'ai regrette pendant quelques mois mais tout qu'on de fais je vais peut-être écrire la suite mais pas maintenant j'ai deja louper mon examen l'anner derniere je veut le reussir cet année.

Puis je voulais remercie "Maude" de m'avoir laisse un commentaire comme le tien sa ma fait très plaisir Merci ^_^ Bisoux a vous et a bientôt

# Posté le vendredi 25 juillet 2008 10:31

Modifié le vendredi 02 octobre 2009 03:55